L'agriculture française veut perdurer

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Publié le 26 février 2010.

ALIMENTATION - Les exploitations sont confrontées à de multiples défis malgré la puissance du secteur...

La grande vache de race Salers, au poil long et frisé, choisie comme mascotte pour le Salon international de l'agriculture (SIA), qui ouvre samedi au public à Paris, est la digne héritière du premier Concours général agricole de 1870. La bête à la robe acajou symbolise aussi les questionnements d'un secteur à l'avenir incertain. Son propriétaire, un éleveur installé depuis seulement six ans, a été le premier à introduire cette race du Cantal en Sologne pour servir directement quelque 200 clients amateurs de viande haut de gamme en Ile-de-France. Une niche qui lui permet d'espérer s'en sortir mieux que la grande majorité des éleveurs, aujourd'hui en crise profonde comme la quasi-totalité du monde agricole.

Chute des prix

Première manifestation agricole française, le SIA reste pour sa 47e édition une vitrine unique d'une production qui pèse lourd sur le marché mondial. La France est de loin la première puissance agricole européenne et ses ventes de vins, de céréales, de viandes et de produits agroalimentaires contribuent fortement au commerce extérieur. Pour autant, le secteur ne représente plus que 3,5 % du produit intérieur brut, contre 7 % en 1980. Une chute qui s'explique par vingt-cinq ans de baisse des prix.

Plus de petits paysans

Cette pression a décimé les campagnes de ses petits paysans. Sur le million d'exploitations qui restait dans les années 1980, la moitié a disparu. Et celles qui subsistent luttent souvent pour leur survie, entre surendettement et fluctuations des cours mondiaux. L'an dernier, le revenu moyen, toutes filières confondues, a chuté d'un tiers, après une année 2008 déjà difficile (- 20 %).

Suspendues aux aides européennes, les exploitations sont également confrontées aux demandes de consommateurs de plus en plus exigeants sur le goût, la qualité des produits et leur impact sur l'environnement. Mais les mêmes plébiscitent les prix bas obtenus grâce aux méthodes de culture et d'élevage intensives, à coups de pesticides et de mécanisation. De quoi mettre chacun en quête effrénée de sa propre «salers» : une race «rustique» mais «docile», précisent ses promoteurs, qui vit en plein air toute l'année, vêle sans l'aide de personne et donne aussi bien de la viande que du lait et du fromage.

Angeline Benoit
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