Francis Delattre fait profil bas et accède en partie à la demande du Parti socialiste. Le maire UMP de Franconville, qui a accusé Ali Soumaré, tête de liste PS du Val-d'Oise, de cinq condamnations, s'est excusé ce mercredi par l'intermédiaire d'un communiqué de ses avocats, transmis à 20minutes.fr.
«Monsieur Delattre présente à Ali Soumaré ses excuses publiques pour cette erreur»
«L'un des événements judiciaires ne concerne pas Ali Soumaré. Il est exact que le jugement du 8 février 2007 pour faits de vol aggravé, vol avec violence et usage de cartes de paiement contrefaites, concerne son homonyme. (...) Monsieur Delattre présente à Ali Soumaré ses excuses publiques pour cette erreur», confirme le communiqué de ses avocats Maître Froment-Meurice et Maître Remi Barousse.
«Quatre des cinq événements judiciaires concernant Monsieur Ali Soumaré sont donc avérés», tempèrent cependant les deux avocats du maire de Franconville qui présentent en détail les autres condamnations.
«Sur quelle planète vivons-nous?»
Malgré ces excuses, la tête de liste dans le Val d'Oise, Axel Poniatowski, n'a pas relâché ses griefs à l'encontre de son adversaire socialiste. Décriant le «bagage assez lourd» d'Ali Soumaré, l'élu UMP s'est indigné sur I-Télé ce mercredi soir que le vent ait tourné en la défaveur de son camp: «Ceux qui sont mis en accusation aujourd'hui sont ceux qui ont révélé ces condamnations (...) Sur quelle planète vivons-nous?»
Pour Axel Poniatowski, il est «préférable de tout dire» et, avec ces révélations, «on connaît désormais le bagage» d'Ali Soumaré.
«Un avant et un après Soumaré»
Dans le même esprit, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a proposé que désormais les candidats rendent public leur casier judiciaire et qu'ils soient rendus inéligibles s'ils ont été condamnés pour des actes de «violence contre des personnes». «Il faut qu'il y ait un avant Soumaré et un après Soumaré», a-t-il déclaré sur France Info.
«Je continue de penser que quelqu'un de condamné n'est pas un exemple, je pense même que c'est stigmatiser la diversité», a estimé Frédéric Lefebvre. Les élus UMP, notamment le maire de Franconville Francis Delattre, «ont voulu vérifier des rumeurs» sur le passé judiciaire d'Ali Soumaré. «Il y a eu une erreur parce qu'il y a eu homonymie», «ils doivent s'excuser pour cet élément là. Pour les autres condamnations, ce ne sont pas des erreurs», a-t-il ajouté.
«Quand les Français vont aller voter, il faut bien qu'ils se souviennent qu'il y a deux conceptions de la sécurité dans notre pays»: «la majorité présidentielle qui a choisi comme tête de liste (en Seine-Saint-Denis) un capitaine de police (Bruno Beschizza) issu de la diversité». Et «le PS qui a choisi quelqu'un qui a été condamné», a déclaré le porte-parole de l'UMP. «Aucun parti politique n'avait osé présenter quelqu'un de condamné pour des actes graves comme tête de liste», a-t-il conclu.
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