Recrudescence de violence à la prison pour mineurs du Rhône

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Publié le 24 février 2010.

PRISON - Les surveillants subissent de plus en plus d'agressions de jeunes détenus...

La tension est encore montée d’un cran à l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Meyzieu, dans le Rhône, où sont incarcérés trente-trois adolescents. Depuis janvier, une dizaine d’agressions a été recensée, dont trois sur la seule journée de mardi.

«Un cadre s’est pris un coup de poing dans la figure. Et une détenue de 14 ans s’est jetée sur une jeune surveillante stagiaire et lui a arraché des poignées entières de cheveux. Cette dernière a dû attendre sous les coups que ses collègues puissent venir l’assister», précise à 20minutes.fr Alain Chevallier, secrétaire régional adjoint de l’Ufap en Rhône-Alpes.
 
Un suicide de mineurs en Loire-Atlantique
 
L’EPM de  Meyzieu n’est pas le seul à faire parler de lui. Mardi, un adolescent de 16 ans s’est suicidé à l’EMP d’Orvault (Loire-Altlantique). «Le manque de personnels pénitentiaires pose problème dans tous les établissements, dénonce l’Ufap.  Mais la population pénale de Rhône-Alpes est connu pour être particulièrement difficile, sans doute à cause de la proximité de Lyon, Grenoble et Saint-Etienne, où existe un important milieu délictuel».
 
Lors de son ouverture en juin 2007, l’EPM de Meyzieu, le premier à avoir été lancé en France, était pourtant présenté comme un modèle pour améliorer les conditions de détention des jeunes. Deux ans et demi plus tard, le bilan est loin d’être reluisant, selon les syndicats pénitentiaires. 
 
Les insultes pleuvent
 
«L’EPM est un échec et pose des problèmes depuis son ouverture, précise Alain Chevallier. On assiste à une répétition d’agressions effarantes des jeunes détenus sur les surveillants, les insultes pleuvent en continu.»
 
Selon l’Ufap, neuf postes initialement prévus pour faire fonctionner le site normalement n’ont jamais été pourvus. « Les personnels sont épuisés, cela pose de gros problèmes d’intervention lorsqu’il y a des agressions ou des incidents», poursuit Alain Chevallier. Une situation qui ne laisse que peu de place à la réinsertion pourtant présentée comme une priorité lors de la création de ces nouvelles structures.
 
La direction interrégionale des services pénitentiaires Rhône-Alpes-Auvergne a prévu de communiquer dans la journée.
Elisa Frisullo
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