L'affaire vire au règlement de comptes. Face à la levée de bouclier au sein même de l'UMP, Valérie Pécresse a fini par «condamner» les attaques contre Ali Soumaré. Trop tard, la ministre essuie un tir nourri venant de son propre camp. Ceux qui ne l'accusent pas d'avoir été au courant depuis le début affirment que la chef de file de la majorité pour l'Ile de France ne maîtrise plus rien dans cette campagne qui n'en finit plus de virer au trash.
Elle savait
A en croire Axel Poniatowski, en effet, Valérie Pécresse était au courant des intentions de Francis Delattre. Selon la tête de liste UMP dans le Val-d'Oise, elle avait même «donné son accord» au communiqué. «Je regrette clairement qu'on ait pu porter des accusations erronées contre Ali Soumaré», a affirmé Axel Poniatowski, cité par Le Monde. Mais s'il reconnaît que «son passé judiciaire n'est pas aussi lourd que ce que l'on pouvait penser», il estime qu'«il n'en reste pas moins que M. Soumaré est un personnage obscur».
Un affirmation démentie par l'intéressé, qui affirme qu'il a «déclaré avoir informé Valérie Pécresse, sans requérir son approbation, que je sortais un communiqué en réaction à celui de Messieurs Delattre et Meurant».
Valérie Pécresse n'est «pas dans la boucle»
Mais ce mercredi, un responsable anonyme cité par RTL affirme le contraire. Selon lui, Axel Poniatowski, aurait annoncé ses intentions fin 2009: «On a des plans sur ce Soumaré. On les fera sortir en temps utile.» Ce responsable anonyme raconte cependant que Valérie Pécresse n'était «pas dans la boucle», car la chef de file ne «gère plus grand chose de la campagne.»
Mardi, le premier à dégainer avait été Eric Raoult. Le député UMP de Seine-Saint-Denis claironnant que la campagne donnait «l'impression d'une campagne amateur, qu'il n'y a pas de patronne, qu'on a déjà perdu». Valérie Pécresse apparaît désormais bien isolée, le reponsable UMP évoquant sur RTL les relations conflictuelles de la ministe avec ses consoeurs du gouvernement également candidates en Ile-de-France, Nathalie Kosciusko-Morizet, Chantal Jouanno et Rama Yade.