Car l’éventail des solutions est multiple. En premier lieu, on peut booster la production au plan national. «Pour l’instant, six des douze raffineries françaises ne produisent plus de carburant (les deux raffineries d’ExxonMobil devaient rejoindre le mouvement mardi). On peut donc tout simplement imaginer augmenter le débit des six autres» qui n’appartiennent pas au groupe Total, a expliqué Yves Le Goff à 20minutes.fr.
Augmentation des coûts à la pompe
Autre solution, notamment si la grève continue de faire tâche d’huile, accroître le volume des importations de produits raffinés. En effet, la France est déjà largement dépendante des importations de carburant, donc de pétrole raffiné. Sur 80 millions de tonnes de produits pétroliers -dont 40 millions de carburant- consommés en France chaque année, 10 millions de tonnes de gazole sont importés.
En cas de crise, il suffirait donc d’augmenter ces importations, ce qui devrait cependant augmenter les coûts à la pompe. D’autant que la France compense en partie ces importations en exportant normalement 5 millions de tonnes d’essence par an, un objectif difficile à atteindre cette année si le mouvement se poursuit.
Rationnement
On pourrait également imaginer un rationnement du carburant, privilégiant les véhicules d’urgence (ambulances etc.). Mais comme le rappelle Yves Le Goff, la dernière fois qu’une telle mesure a été prise, c’était en... 1968.
En tout cas, on ne devrait pas toucher aux réserves stratégiques du pays, qui représentent environ 98 jours de consommation. «Elles ne servent pas à résorber les manques de carburant suscités par ce genre de crise. L’Agence Internationale de l’Energie, qui en a la maîtrise, peut décider de les utiliser mais seulement en cas de crise ou de catastrophe internationales menant à une perturbation majeure de l’approvisionnement,» explique Yves Le Goff. Dernier exemple en date, l’ouragan Katrina. Rien de très comparable donc à une grève.
«L’approvisionnement n’est pas aussi fluide que d’habitude. Mais le produit est là», rassure Yves Le Goff, qui explique que certains points de la France sont plus vulnérables, par exemple sur la façade Atlantique, dépendante d’une raffinerie en grève, celle de Donges, et où les dépôts sont plus éloignés. Mais ces dépôts -dont un petit nombre est également en grève- ont des stocks qui représentent «entre 7 et 10 jours de consommation», selon l’Ufip. De quoi prévoir la suite, même si l’Ufip a reconnu ce lundi que «Les stocks ont diminué un peu plus que prévu» à cause des «achats de précautions».