ENSEIGNEMENT - Selon le syndicat étudiant Unef, de nombreuses universités françaises appliquent des règles d’examen illégales...
Pour avoir une chance d’obtenir son diplôme, mieux vaut ne pas miser sur
l’université d’Avignon, selon un rapport de l'Unef.
Le syndicat étudiant a dévoilé ce lundi «le palmarès des universités hors-la-loi» dans lequel les pratiques de trente-huit établissements français sont passées au crible.
Le rapport indique que sept universités «cumulent les fautes». Les mauvaises notes reviennent par ordre de classement à l’université d’Avignon, Toulouse-1 et Lyon-3. Ainsi, à Avignon, il n’existe pas de compensation semestrielle des notes ni de cession de rattrapage. Et l’application de notes éliminatoires serait de rigueur.
Avignon dément
Mais pour l’université d’Avignon, les accusations portées par l’Unef sont «fausses». Sa présidence réfute les notes éliminatoires en licence. Et explique que la cession de rattrapage a bien été «supprimée» en raison de l’instauration d’un contrôle continu généralisé à l’ensemble des formations.
«L’Unef ne semble pas très informée de ce qui se passe chez nous (…). Notre université est la seule et la première de Franc à avoir adopté le passage au contrôle continu intégral, qui a été voté au conseil d’administration.»
Des examens sanctions
«Nous faisons face à des situations illégales, comme la suppression de sessions de rattrapage pour certaines filières, ou à des mauvaises pratiques, comme l’instauration d’une note barrage», indique à 20minutes.fr Thierry Le Cras, vice-président de l’Unef.
Selon lui, dans les établissements qui pratiquent ces «mauvaises règles», les examens sont devenus uniquement des «sanctions» et non un outil pédagogique permettant de «progresser pendant l’année universitaire». «C’est un moyen de pratiquer une sélection déguisée», poursuit Thierry Le Cras. A titre d’exemple, la compensation annuelle des notes, pratique non obligatoire, est appliquée dans 60% des universités, selon l’Unef. «Il y a un véritable flou autour de nombreuses pratiques», souligne le syndicat.
L’harmonisation européenne des diplômes en cause
«Il est difficile de réagir à ce rapport car nous ne l’avons pas eu, souligne
le ministère de l’Enseignement supérieur. Mais ceci est en partie dû à l’harmonisation européenne des diplômes. L’année universitaire s’organise désormais en semestre.» Le ministère ajoute que depuis 2008, «des enseignants référents peuvent conseiller les étudiants dans l’ensemble des universités».
Le syndicat étudiant demande toutefois à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, «de prendre ses responsabilités» et «d’harmoniser les règles d’examens pour favoriser la réussite des étudiants». L’Unef envisage d'attaquer les universités devant les tribunaux administratifs si ces mauvaises pratiques ne changent pas.
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Carole Bianchi