Quelles sont les propositions de Total?
Ce sont en fait beaucoup de… discussions. Et Total a même promis de les avancer. Le comité central d'entreprise (CCE) de la branche raffinage de Total, initialement prévu le 29 mars, a été avancé au 8 mars, a annoncé lundi à 20minutes.fr Michael Crochet-Vourey, porte-parole du groupe. A l'ordre du jour de ce CCE: une information-consultation sur le projet d'évolution de l'établissement des Flandres et sur l’évolution de la situation des sites du raffinage en France.
Dimanche, le groupe a également promis qu’en cas de cession de dépôts de produits pétroliers à une autre entreprise, Total s'engageait à réembaucher les salariés transférés chez le repreneur s’il rencontrait des difficultés économiques jusqu'à trois ans après la cession.
Pourquoi le conflit est dans l’impasse?
Mais les salariés ne semblaient pas lundi franchement rassurés. «A partir de mardi, il y aura ce que l'on appelle “le silence des raffineries”, c'est ce qu'il y a de pire car un arrêt total, c'est forcément un échec de négociation», a déclaré à l'AFP Franck Manchon, délégué CGT à la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne). A Dunkerque, les salariés de Total ont carrément appelé les consommateurs à «créer la pénurie» en achetant du carburant pour renforcer la pression sur l'industriel.
Y a-t-il un risque de contagion chez Exxon mobile et les autres?
Pour l’instant, seules les raffineries de Total sont concernées par le mouvement. Mais, la CGT avait invité vendredi les salariés des deux raffineries d'Exxon Mobil à Port-Jérôme Gravenchon (Seine-Maritime) et Fos-sur Mer (Bouches-du-Rhône) à rejoindre lundi le mouvement de grève des raffineries de Total. Une invitation renouvelée pour mardi mais qui ne semblait pas jusqu’ici suivie dans les faits chez Exxon.
Quel avenir pour le raffinage en France?
Il est assez sombre. Depuis mars 2009, les raffineries françaises perdent au total 150 millions d’euros par mois, selon l’Union française des industries pétrolières (Ufip). En cause, la baisse de la consommation de produits pétroliers, de l’ordre de 7,5% en Europe, liée à la crise et aux politiques en faveur de l’environnement. En outre, la France souffre d'un déséquilibre entre la consommation d'essence et de gazole, qui représente près de 80% de la consommation de carburants en France alors qu’une raffinerie hexagonale ne produit au maximum que 45% à 55% de gazole.
Ainsi, selon l’Ufip, ce sont «10 à 15%» des raffineries européennes qu’il faudrait fermer, soit plus d’une dizaine des 114 sites situés en Europe. L’Union pétrolière italienne a averti que quatre à cinq raffineries pourraient fermer en Italie. Situation identique en Allemagne et au Royaume-Uni qui pourraient chacun perdre deux raffineries.
Pour la France, aucun chiffre n’est encore avancé. Mais les syndicats, la CGT notamment, dénoncent pour leur part les «délocalisations». Total construit en ce moment une raffinerie en Arabie saoudite, un investissement justifié par le besoin «de répondre à la demande croissante de l'Asie et du Moyen-Orient».