«On ne peut pas empêcher un détenu déterminé à se suicider»

Publié le 27 février 2010.

REACTIONS - Avocat, gardiens de prison, famille Giraud... Le suicide de Jean-Pierre Treiber suscite diverses réactions...

Le suicide de Jean-Pierre Treiber, découvert samedi matin pendu dans sa cellule de Fleury-Mérogis, clôt l’affaire Giraud-Lherbier d’une manière inattendue. Car en mettant fin à ses jours, le détenu de 46 ans échappe à son procès, qui devait s’ouvrir le 20 avril prochain à Auxerre, et met fin à l’affaire.

Un aveu?

«Je suis furieux et effondré, mais ça ne me rendra pas ma fille, a-t-il expliqué samedi matin au micro d’Europe 1. On aura tout, jusqu'au bout et même le pire. Je ne sais pas s’il y aura un procès, je ne sais ce qui va se passer, je ne pense qu’à ma fille. Je trouve que c’est beaucoup tout ce qui arrive là.»

L'avocat de la famille Giraud s'est montré plus incisif. «Treiber par ce suicide a avoué, il s'est infligé une peine définitive que notre code pénal a aboli. C'est une fin qui évidemment, pour la famille de Roland Giraud, est frustrante, elle ne la souhaitait pas. Elle souhaitait un procès, des explications», a déclaré Me Szpiner sur iTélé. «Il y aura une immense frustration, il n'y aura pas de procès, certaines zones d'ombre du dossier ne seront jamais éclaircies et puis en même temps c'est la fin de l'affaire même si c'est une fin brutale, inattendue», a ajouté l'avocat.

«Pas une surprise»

L'acte de Jean-Pierre Treiber était prémédité, affirme Christophe Gautier, journaliste et co-auteur de L’affaire Giraud, une histoire de femmes, sur France Info. «Lorsqu'il s'est fait reprendre, en novembre dernier, il s'est plu dans le silence. (...) Ses proches se montraient inquiets quant à son état mental, donc non ce n'est pas une suprise», a-t-il déclaré, ajoutant que la mort du détenu était «un scandale» car «le mystère sur le double homicide de Gréaldine Giraud et de Katia Lherbier ne sera jamais élucidé.»

«C'est l'évasion ou le suicide»

Même analyse pour l’avocat de Jean-Pierre Treiber, Me Eric Dupond-Moretti. «Il avait dit à plusieurs reprises qu'il avait le sentiment de ne pas être entendu», a-t-il confié samedi matin à RTL.

«Il avait dit au juge d'instruction: "c'est l'évasion ou le suicide"», a-t-il rappelé à l'AFP, précisant que les conditions de détention de l'ex-garde forestier avaient été «nettement durcies» depuis sa réincarcération à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), où il était «à l'isolement total». L'avocat a toutefois reconnu ignorer si une faille de la surveillance avait concouru au suicide de son client.

«Etroitement surveillé»

Interrogé sur iTélé, Gérald Ferjul, secrétaire local Ufap pénitentiaire assure que la surveillance ne peut être mise en cause. «On ne peut pas empêcher un détenu déterminé à se suicider», a-t-il assuré.

Le secrétaire de l'Ufap a précisé que les gardiens chargés de Jean-Pierre Treiber - étroitement surveillé selon lui, notamment avec «des rondes plus fréquentes et des observations plus fines» - avaient été interrogés. «Il n'y a aucune faille connue, aucune anomalie repérée pour l'instant», a-t-il assuré. «Les premiers éléments indiquent que les agents ont fait correctement leurs rondes», a confirmé Marcel Duredon, de FO pénitentiaire, sur la même chaîne.

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