Jean-Pierre Treiber a laissé un message avant de se suicider dans sa cellule

JUSTICE Il était incarcéré à Fleuris-Mérogis...

S. C. avec agence

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Jean-Pierre Treiber clamait son innocence.

Jean-Pierre Treiber clamait son innocence. —

Jean-Pierre Treiber a laissé un message avant de se donner la mort, a indiqué le syndicat Ufap à l'AFP, confirmant une information du lepoint.fr. Selon le site, Treiber explique en substance sur son message qu'il en a «marre» d'être considéré comme un «criminel» et qu'il ne supporte plus de ne plus voir les gens qu'il aime.

D'après l'Ufap, mais aussi le représentant de FO pénitentiaire, Marcel Duredon, les trois surveillants qui ont découvert le corps de Jean-Pierre Treiber lors de leur prise de service samedi à 7h n'ont pas fait état d'un quelconque message. «C'est peut-être après la fouille de sa cellule que le message a été découvert», a indiqué Marcel Duredon à l'AFP.

Jean-Pierre Treiber, unique accusé du double assassinat de Géraldine Giraud et Katia Lherbier en 2004, s'est suicidé samedi matin dans sa cellule de la maison d'arrêt de Fleuris-Mérogis (Essonne). Interrogé samedi matin par Europe 1, le comédien Roland Giraud, père de Géraldine Giraud, s'est déclaré «furieux et effondré» (voir les réactions en cliquant ici).

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«Corps découvert à 7h»

«Jean-Pierre Treiber s'est suicidé ce matin (samedi, ndlr). Le corps a été découvert par des surveillants pénitentiaires à 7h à l'occasion d'une ronde», a déclaré Guillaume Didier, le porte-parole de la Chancellerie, précisant que le détenu avait été «découvert pendu».

«Cette ronde a lieu toutes les heures et rien d'anormal n'avait été remarqué lors de celle de 6h», a-t-il précisé. Jean-Pierre Treiber était seul en cellule, dans un quartier d'isolement, car il faisait l'objet d'une «surveillance renforcée», notamment en raison de sa récente évasion, a-t-il ajouté.

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Selon Marcel Duredon, secrétaire local FO pénitentiaire interrogé sur iTélé, Jean-Pierre Treiber aurait utilisé les moyens du bord. «Il a utilisé un drap avec lequel il a fait un noeud coulissant, c'est la méthode la plus utilisée en milieu carcéral», a-t-il expliqué. «Il a dû attendre entre deux contrôles, qui se font via l'oeilleton, pour mettre fin à ses jours», a-t-il ajouté. Le secrétaire de FO a également précisé que le détenu ne disposait pas du «kit anti-suicide» (lire l'encadré ci-dessous) car «le personnel surveillant de la maison d'arrêt de Fleury n'avait pas reçu de consignes» en ce sens.

Pas de procès

«Une enquête judiciaire par le parquet d'Evry a été ouverte ce samedi matin et Michèle Alliot-Marie a ouvert une enquête administrative, l'inspection des services pénitentiaires se rend sur place ce matin», a-t-il ajouté. «On ignore les raisons de son décès pour le moment», a indiqué à France Info un membre du cabinet de Michèle Alliot-Marie.

Jean-Pierre Treiber, qui a toujours clamé son innocence, devait être jugé à partir du 20 avril par la cour d'assises de l'Yonne pour le double meurtre de Géraldine Giraud et de son amie Katia Lherbier, dont les corps avaient été retrouvés au fond d'un puisard dans sa propriété de Villeneuve-sur-Yonne (Yonne). Son suicide met fin à l'action de la justice.

Cavale

Jean-Pierre Treiber, 46 ans, s'était évadé en septembre de la maison d'arrêt d'Auxerre en se dissimulant dans un carton. Il avait ensuite joué au chat et à la souris avec les policiers durant plusieurs semaines, obligeant les forces de l'ordre à organiser de vraies battues pour le retrouver.

En fuite, Jean-Pierre Treiber narguait police et justice, parvenant à faire passer plusieurs lettres dans les médias, notamment une adressée à l'hebdomadaire Marianne. «Koh-Lanta, c’est du pipi de chat à côté de ce que je fais», se vantait-il dans une lettre adressée à son amie et publiée dans Paris-Match, jouant de son image «d'homme des bois». Il avait finalement été repris le 20 novembre, dans un appartement de Melun.

Une arrestation insupportable pour lui. Jean-Pierre Treiber aurait mûri son projet suicidaire en prison, selon son avocat Me Eric Dupond-Moretti. En décembre dernier, le détenu avait été auditionné par un juge d’instruction sur les motifs de son évasion de septembre. «C’était ça ou je m’accrochais», avait-il alors répondu.

KIT ANTI-SUICIDE
Destiné à enrayer la hausse du nombre de suicides dans les prisons en France, il comprend un matelas anti-feu, un drap indéchirable et un pyjama en papier à usage unique. La mise en place de ce kit avait été annoncée durant l'été 2009 par Mme Alliot-Marie.