La grève illimitée dans les raffineries et certains dépôts du groupe Total inquiète. Les stations-service du territoire risquent-elles d’être à sec? Non, si l’on en croit le groupe qui «a pris ses dispositions» pour assurer l'approvisionnement de ses clients. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a elle aussi assuré qu'il n'y avait «pas de risque de pénurie» de carburant à court terme.
Car, si Total est bien le premier acteur du pays en termes de stockage et de chargement de produits pétroliers, pendant la grève, «les 6 autres raffineries françaises appartenant aux concurrents de Total continuent de fonctionner», indique à 20minutes.fr Yves Le Goff, directeur de la communication de l'Union française des industries pétrolières (Ufip). Le marché est donc toujours alimenté.
Des stocks de «10 à 20 jours de consommation»
Côté stocks, Total ne possède que 31 des 219 dépôts de produits pétroliers que compte le pays. Seuls 7 dépôts étaient en grève ce vendredi, les autres continuant d’alimenter les stations services. Leurs stocks représentent «entre 10 et 20 jours de consommation», selon l’Ufip.
Cependant, Charles Foulard coordonnateur de la CGT, a affirmé qu’avec la coupure totale de la sortie de produits pétroliers et l’arrêt des raffineries, «au bout de 5 jours, il peut y avoir un début de pénurie d'essence dans les stations-service». La CFDT est plus alarmiste, précisant: «Compte tenu que, depuis mercredi, les expéditions ont déjà cessé et que le débit des raffineries a été réduit au minimum, le processus pourrait être plus rapide».
Certaines régions plus touchées
Certaines régions pourraient en effet être plus touchées que d’autres. Jean-Pierre Poncin, le directeur de la raffinerie de Feyzin, dans le Rhône, a ainsi admis que «si la grève continue, il y aura des tensions dans la région Rhône-Alpes dans les prochains jours».
Les régions uniquement alimentées par des raffineries de Total, comme la façade ouest de la France, avec la raffinerie de Donges dans la Loire-Atlantique, et celles qui sont dotées de peu de dépôts pétroliers, comme le centre de la France et le sud-ouest, seraient plus exposées, selon Alexandre de Benoist, de l'Union des importateurs indépendants pétroliers, cité par l’AFP.
Importations
Cependant, la France n’est pas totalement démunie: «Les importations de carburant sont un recours éventuel», indique Yves Le Goff. «Mais on n’en est pas là». Toutefois, ces prévisions ne prennent pas en compte une éventuelle étendue de la grève aux sites français d'ExxonMobil, appelés à la grève par la CGT, en soutien aux salariés de Total. Si les salariés d'ExxonMobil venaient à faire grève, «la tension serait effectivement plus grande», concède le directeur de la communication de l’Ufip.
Mais, dans le pire des cas, si la grève devenait générale et se poursuivait plus longtemps, le gouvernement pourrait exceptionnellement décider de puiser dans ses stocks stratégiques, qui représentent environ 98 jours de consommation, et sont réservés à la survenue d’un événement international majeur qui troublerait l'approvisionnement de la France.