INTERVIEW - David Faure, secrétaire du CE (CFDT) de la raffinerie de Feyzin, dans le Rhône, explique que les cinq plateformes françaises de Total en grève pour soutenir leurs collègues de Dunkerque sont proche de l'arrêt total de production...
Vous sortez d’une assemblée générale, que s’est-il dit?
Nous avons évoqué la
situation des plateformes Total en France. Depuis le début de notre grève illimitée qui a débuté mercredi matin, l’expédition de pétrole était arrêtée. Et depuis ce matin, 11h, la production de carburant commence à s’arrêter dans l’ensemble des raffineries tout en respectant les règles de sécurité. Environ 95% des salariés de l’exploitation et de la production ont débrayé. A partir de lundi, la production devrait être complètement à l’arrêt.
On verra! La raffinerie de Feyzin approvisionne à hauteur de 70% la région Rhône-Alpes. Même si certains s’approvisionnent ailleurs, il va forcément y avoir une tension à un moment. Je pense que dès ce week-end il y aura quelques problèmes d’approvisionnement.
Car les gens vont davantage aller dans les stations essence. Les autres raffineries de Total approvisionnent environ à 50% le marché local.
Que réclamez-vous?
Depuis quatre mois, nos collègues de Dunkerque sont dans l’incertitude complète par rapport à leur avenir. Ils réclamaient un Comité central d’entreprise extraordinaire rapidement. La direction affirme vouloir réfléchir jusqu’à fin juin. On en a marre d’attendre. Ce que nous voulons, c’est connaitre
l’avenir du site de Dunkerque et l’avenir de l’industrie française de raffinerie pour la première semaine de mars. Cela ne nous paraît pas insurmontable, mais la direction est dans son dogme. C’est silence radio.
La menace de pénurie n’est-elle pas de trop dans votre rapport de force avec la direction?
Ce n’est pas un jeu pour nous. On est consternés d’en arriver là. Maintenant, nous attendons un geste de la direction pour nous éclairer sur notre avenir.
Propos recueillis par Carole Bianchi