Rendez-vous est pris pour le 7 avril. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles examinait ce matin l'appel concernant l'ordonnance de non-lieu mettant hors de cause les policiers dans la mort de deux adolescents à Villiers-le-Bel en 2007. La décision a été mise en délibéré au 7 avril.
«Il est possible que ce ne soit pas le dernier acte», a déclaré Me Jean-Pierre Mignard, avocat des familles des adolescents à la sortie de l'audience qui s'est tenue à huis clos. «Nous demandons la réouverture de l'information judiciaire pour que les policiers soient entendus. Le rapport d'expertise contredit leur premières déclarations», a-t-il expliqué. «La vérité de la vitesse n'a pas été dite, a ajouté Me Mignard qui souhaite que «la faute soit partagée».
«Abus de priorité»
Le tribunal de Pontoise avait proclamé en octobre un non-lieu dans l'enquête ouverte pour homicide involontaire après la mort de deux adolescents le 24 novembre 2007. Les deux jeunes avaient été tués dans un accident entre la mini-moto sur laquelle ils se trouvaient et une voiture de police. Les familles des victimes avaient fait appel de cette décision.
Pour l'avocat des familles qui s'appuie sur le rapport d'expertise, la voiture de police était en «phase d'accélération et roulait à 64 km/h sans girophare, ni avertisseur. C'est un abus de priorité». «On ne peut pas faire porter sur les adolescents la seule responsabilité», a-t-il insisté.
«Il faut tirer les choses au clair»
«Je ne dis pas que les jeunes n'étaient pas en faute mais il faut tirer les choses au clair», a déclaré Omar Sehhouli, le frère d'une des deux victimes. «Il le faut pour que nos parents, nos familles fassent le deuil et que l'on sache qu'il y a une justice en France», a-t-il ajouté.
En 2007, l’accident avait provoqué trois jours d'émeutes à Villiers-le-Bel.