Ils veulent croire que les jeux ne sont pas encore faits. Les députés-maires de Divonne-les-Bains (Ain) et du Touquet (Pas-de-Calais), Etienne Blanc et Daniel Fasquelle (tous deux UMP), ont lancé hier l'Association des parlementaires et des élus des villes de casinos (Apevica). « On nous dit que l'on a des problèmes de villes riches, souligne Etienne Blanc, mais nous sommes dans des situations financières difficiles. »
A moins de quatre mois de l'ouverture à la concurrence du marché des paris en ligne, ces élus ne voient pas l'avenir en rose. Pour 2009, les casinos français (au nombre de 197 dans l'Hexagone) s'attendent à une baisse de 10 à 20 % de leur chiffre d'affaires. Une tendance qui devrait encore s'aggraver dès l'ouverture à la concurrence : la chute devrait atteindre 15 % la première année et 5 % les années suivantes, selon une étude réalisée l'an dernier. Avec une conséquence directe sur les finances des communes concernées, qui perçoivent une partie du produit brut des jeux. « A Divonne, cela représente 20 % du budget de fonctionnement. Il y a six ans, avant l'ouverture de casinos chez nos voisins suisses, on atteignait même 80 % », affirme Etienne Blanc. « Sans compter que nous faisons face à des dépenses très spécifiques, renchérit Daniel Fasquelle. Le Touquet, c'est 5 000 habitants à l'année. Mais nos infrastructures touristiques sont celles d'une ville de 30 000 habitants. Si on ne peut plus les entretenir, la station balnéaire ne pourra plus être ouverte toute l'année. » Les élus plaident donc pour un assouplissement de la législation régissant les casinos : « Nos établissements ont mal vieilli, expliquent les deux élus, ils sont un peu désuets. Mais c'est aussi parce que la loi française impose une séparation stricte entre salles de jeux, restaurants et salles de spectacle. » L'Apevica entend donc plaider pour une révision de la loi, mais aimerait aussi un geste de l'Etat, qui touche 85 % du produit brut des jeux. « Sur ce point, nous ne sommes pas encore entendus », déplore Etienne Blanc. W