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Vous dénoncez l'idéologie de la mère parfaite. Pourquoi?

La mère parfaite est au service de son enfant. C'est celle qui allaite pendant au moins six mois, à la demande. Cette idéologie s'est imposée de façon insidieuse au fil du temps. On est passé du «moi d'abord», des années 1970, au «bébé d'abord». Il y a une réelle menace pour la liberté des femmes, qui sont culpabilisées si elles ne se conforment pas à ce modèle.

Qui porte cette idéologie?

Des mouvements très différents. Les spécialistes de l'enfance prônent une «fusion» de la mère et de l'enfant pendant les premières années de sa vie. Une certaine frange d'écologistes refuse le biberon, les petits pots et les couches jetables. Or, c'est toujours à la femme qu'incombe de préparer les repas et de laver les couches. Dans un couple avec deux enfants, la mère assume 90% des tâches ménagères.

Les femmes ont-elles renoncé à défendre leurs droits?

En quelque sorte. Les femmes sont les premières victimes de la crise, et l'inégalité au travail persiste. Certaines ne croient plus à la nécessité absolue d'avoir une activité professionnelle. Elles reportent leurs ambitions sur l'éducation des enfants. Je leur dis attention. Une activité professionnelle garantit l'indépendance par rapport aux hommes.

Vous êtes inquiète pour les jeunes femmes d'aujourd'hui?

C'est ce qui m'a poussé à écrire ce livre. D'autant qu'avec cette crise économique très rude, beaucoup de femmes sont poussées à «rentrer dans leurs foyers». Le risque, c'est la précarité économique à long terme. Aujourd'hui, lorsque l'on sort du marché du travail pour élever ses enfants, il est très difficile d'y revenir.


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