Il aurait fait basculer la présidentielle en 2002. En 2010, l’enjeu sécuritaire cherche à s’imposer dans la campagne des régionales. Lois
sur les bandes et sur le
couvre-feu, mais aussi
gardes à vue et
interpellation musclée de mineurs: les législations et les faits-divers s’enchaînent. Et la droite donne le rythme.
«La sécurité reste un cheval de bataille de la droite et un levier de mobilisation de son électorat», a analysé pour 20minutes.fr Frédéric Dabi, de l’Ifop. Un levier d’autant plus intéressant que la
gauche part avec une longueur d’avance dans cette campagne.
Premier enjeu pour l’électorat UMP en Ile-de-France
Mais toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne. «Selon nos études, dans le
Poitou-Charentes, la lutte contre l’insécurité est 5e dans la liste des préoccupations, en Alsace 3e, par exemple. Par contre, en Ile-de-France, c’est le premier enjeu pour l’électorat de l’UMP
.»
Et la majorité tente d’en profiter. Ainsi, en Seine-Saint-Denis, l’UMP a désigné en tête de liste un syndicaliste policier, Bruno Beschizza. Ce dernier a proposé que les femmes puissent d
isposer le soir de wagons réservés dans les transports en commun en Ile-de-France. Une proposition qui a fait beaucoup réagir, à gauche comme à droite, mais qui permet d’allier les transports -thème central des différents partis en Ile-de-France - au sécuritaire
.
De son côté,
Valérie Pécresse s’est emparée la semaine dernière, à Meaux et Vélizy, du thème de la lutte contre la délinquance avec le soutien de deux ministres. Christine Lagarde avait souligné «la grande importance» qu'accordait Valérie Pécresse à la lutte contre le trafic de drogue, qualifiant cette dernière de «sacré battante face à l'immobilisme» de Jean-Paul Huchon. La garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie avait quant à elle souligné la «nécessité que les régions et l'Etat soient proches dans la lutte contre l'insécurité, les trafics de drogue et la délinquance.»
Crise de la confiance dans l’action gouvernementale en matière de lutte contre l’insécurité
Le discours n’a cependant pas pris. Frédéric Dab
i rappelle que le climat diffère de celui de 2002. «L’emploi, le social ne domine pas dans l’actualité. Et récemment, et pour la première fois depuis le début du quinquennat, la confiance dans l'action de l'exécutif en matière de lutte contre l'insécurité est passé sous la barre des 50%. Mais cela reste une préoccupation sous-jacente et l’UMP tente de la faire cristalliser à l’approche des régionales pour fixer l’électorat de droite qui a eu tendance à repartir vers le Front national lors des dernières européennes.»
M.N.