L'ordinateur dans le collimateur du gouvernement. Le projet de « loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure », dite Loppsi, était débattue hier à l'Assemblée nationale. Au programme, tout un volet visant à lutter contre la cybercriminalité. La loi prévoit notamment le blocage de certains sites et la surveillance de suspects. Les fournisseurs d'accès à Internet pourront bloquer l'accès aux sites publiant du contenu pédo-pornographique, sur décision de justice. A l'origine, ce blocage pouvait être décrété par une autorité administrative, mais il a été amendé par la commission des lois.
Autre point soulevé par la Loppsi, la surveillance des suspects dans le cadre d'enquête concernant des affaires de terrorisme, pédophilie ou de meurtre, pour des faits commis en bandes. Les forces de l'ordre disposeront par ailleurs de temps d'écoutes téléphoniques plus longs et seront autorisées à installer des mouchards informatiques sur les ordinateurs de suspects, à leur insu. Ainsi, les enquêteurs pourront accéder aux données informatiques des personnes visées par une enquête en matière de criminalité organisée, telles que ces données s'affichent au même moment pour l'utilisateur sur son écran ou telles qu'il les introduit dans l'ordinateur. Une « cyberperquisition » selon le collectif Quadrature du Net, qui ne sera possible sans l'autorisation d'un juge d'instruction, amené à disparaître. Autant de dispositions condamnées par la Ligue des droits de l'homme, selon laquelle ce projet est « porteur d'un saut qualitatif considérable dans la construction d'une société de la surveillance, du soupçon et de la peur ». W