Régionales: les déplacements très stratégiques d'un président qui ne fait pas campagne

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Publié le 9 février 2010.

POLITIQUE - Après un déplacement en Corse, Nicolas Sarkozy se rend aujourd'hui dans le Loir-et-Cher pour parler «ruralité»...

Ce n'est «pas la place» du président de la République de faire campagne pour les élections régionales. Le principe avait été martelé par Nicolas Sarkozy, le 25 janvier sur TF1, mais il semble de plus en plus trahi par les faits.

Début février, le chef de l’Etat s’était rendu en Corse, un des derniers bastions régionaux de la droite, où le thème du développement durable avait largement cédé le pas à des enjeux très locaux. L'assainissement, le traitement de l'eau et des déchets, l'approvisionnement énergétique de la Corse ou encore la protection face au banditisme et à la mafia: des projets défendus avec force détails par le président alors que l’UMP serait en difficulté face à l’opposition.

Un point sur l'Identité nationale

Changement de décor, mais pas forcément de méthode. Mardi, Nicolas Sarkozy a choisi, pour parler de l’avenir des territoires ruraux, le Loir-et-Cher. Un choix une nouvelle fois très stratégique puisque le candidat UMP à la présidence de la région Centre Hervé Novelli -qui accompagne le président dans son déplacement au titre de secrétaire d'Etat chargé du commerce, de l'artisanat et des PME- a une chance de faire basculer la région à droite après 12 ans à gauche.

Alors, après la présentation de mesures en faveur du désenclavement économique des territoires ruraux, Nicolas Sarkozy s'est permis mardi d'aborder des sujets qui n'ont pas grand chose à voir avec la «ruralité», mais beaucoup avec la campagne actuelle. Il a une nouvelle fois défendu la nécessité d'un débat sur l'identité nationale et confirmé qu'il allait lui-même «en assurer et en assumer les conclusions» au mois d'avril prochain, histoire de remobiliser son parti à l'approche des régionales.

Le Centre, «valeur d’exemple»

Et face au raz-de-marée promis par la gauche, toute la droite compte sur Novelli pour arracher le Centre aux socialistes. Dimanche, le patron de l’UMP Xavier Bertrand a estimé que la région avait «valeur d’exemple». «J’ai dit que le grand chelem de Martine Aubry s’arrête en région Centre, et je l’assume», a-t-il déclaré au journal Le Monde.

Et en plus du soutien -même si non avoué- du Président de la République, Hervé Novelli devrait recevoir pour son meeting de fin de campagne le soutien de sa ministre de tutelle, Christine Lagarde puis, entre les deux tours, le premier ministre, François Fillon, devrait faire le déplacement.



M.N.
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