La presse enterre le débat sur l'identité nationale

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Publié le 9 février 2010.

MEDIAS - Malgré le recadrage de François Fillon, il s'agit pour elle d'un véritable «fiasco»...

Les éditorialistes de la presse nationale et régionale sont nombreux ce mardi à évoquer un «enterrement» voire un «fiasco» du débat sur l'identité nationale, quelques-uns saluant tout de même le rôle du Premier ministre dans le «recadrage» de ce dossier controversé.

«Quel fiasco!»

«Mais alors, quel fiasco! Ainsi l'opération "identité nationale", qui devait soulever de vastes questions de fond, se termine par une retraite la queue basse au son d'une trompette fêlée», ironise Laurent Joffrin dans Libération. Même tonalité dans L'Humanité, où Jean-Emmanuel Ducoin se réjouit que «malgré son emprise médiatique, Sarkozy a eu du mal à imposer sa mortifère "identité nationale"».

Hervé Cannet, de la Nouvelle République du Centre-Ouest, souligne le rôle du Premier ministre, «un peu moins touché par la sinistrose ambiante, qui a été chargé d'éteindre l'incendie». Et dans ce rôle, François Fillon a fait preuve de «sobriété» et de «consistance», qualités très «utiles à Nicolas Sarkozy», estime Jacques Camus dans la République du Centre.

«Un passage dans le paysage français»

A l'opposé, «Éric Besson est apparu comme celui qui divise une nation qu'il faudrait, au contraire, rassembler», assène Hubert Coudurier dans le Télégramme.

Hervé Favre, dans la Voix du Nord, salue «les premières mesures annoncées hier par François Fillon», qui «sont plutôt de nature à ramener un peu de sérénité dans le débat». Comme Yann Marec dans Midi Libre, selon qui «force est de reconnaître que les premières mesures mises en avant marquent un passage dans le paysage français».

«Consensus mou»

Quant à Olivier Picard, il se moque dans les Dernières Nouvelle d'Alsace des «quatorze propositions» gouvernementales de lundi, toutes «aimables et totalement désamorcées du moindre risque polémique». Patrick Fluckiger, dans l'Alsace, parle lui aussi de «consensus mou», tandis que Michel Urvoy, dans Ouest France, dénonce «la légèreté des annonces tirées de quatre mois de débats.»

«Si ce n'est pas un enterrement de première classe, cela y ressemble furieusement. Eric Besson avait d'ailleurs la tête de circonstance (...), muet et figé», s'amuse Bruno Dive dans Sud-Ouest. «Couacs, vociférations, polémiques, il était temps qu'un arbitre siffle la fin du match», remarque enfin Gérard Noël dans Vosges Matin.

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