Trois collégiennes de 14 ans en garde à vue pendant huit heures

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Publié le 9 février 2010.

FAIT DIVERS - Les parents de l'une des interpellées jugent la procédure «disproportionnée»...

Ce ne sont pas une, comme annoncée précédemment, mais quatre collégiens de 14 ans, dont trois filles, inconnus des services de police, qui ont été placés en garde à vue pendant huit heures la semaine dernière dans un commissariat parisien après une bagarre dans leur collège du 20e arrondissement, confirmant une information de France Info, prévenu par la mère de l'une des interpellées.

«Victimes de la politique du chiffre»

Des adolescents «victimes de la politique du chiffre» menée par le gouvernement qui tente de cacher son «impuissance à répondre réellement aux questions de sécurité», a dénoncé le Parti communiste français.
 
 
Les faits remontent au mardi 2 février au soir, à la sortie du collège Gambetta, dans le 20e arrondissement de Paris, lorsqu'une «jeune collégienne de 16 ans est agressée et insultée par plusieurs jeunes, scolarisés dans le même établissement», indique la préfecture police de Paris.

La victime connaissait ses agresseurs
présumés

Les effectifs de police, appelés par le principal du collège, ont retrouvé la victime, «très choquée», place Gambetta, et elle leur a désigné ses agresseurs présumés, «qu'elle connaissait», d'après la préfecture. «Un témoin confirmait l'échange de coups réciproques. La victime se voyait délivrer un certificat médical mentionnant un jour d'ITTP (incapacité temporaire totale personnelle)», ajoute la préfecture.

Le garçon est interpellé le soir-même et «n'a été relâché que le jeudi matin, à 1h, après avoir passé plus de 25 heures en garde à vue», a précisé la mère d'Anne, l'une des interpellés. Cette dernière affirme qu'il n'y a que le garçon qui a donné les coups, mais «pas les filles qui ont essayé de séparer les protagonistes».

Anne a été cueillie chez elle en jogging


Le lendemain de l'agression, mercredi 3 février, six policiers se rendent au collège Gambetta et demandent à deux des jeunes filles impliquées dans l'agression de les suivre. Ils vont ensuite au domicile d'Anne, restée à la maison car elle était souffrante. Cueillie chez elle à 10h30, elle part en jogging, la tenue dans laquelle elle dormait, avec les policiers.

Selon la préfecture de police, Anne n'a pas été menottée lorsqu'elle a été emmenée pour sa garde à vue au commissariat du 20e arrondissement. Une garde à vue qui a duré huit heures selon Alain Gardère, le directeur de la Sécurité de Proximité de l'Agglomération parisienne (DSPAP), qui a ajouté que «l'ensemble des droits ont été garanti».

«Un dispositif d'interpellation disproportionné»


En revanche, Alain Gardère n'a pas été en mesure de préciser si les trois jeunes filles avaient été menottées lors de leur transfert à l'Hôtel-Dieu pour leur visite médicale d'usage. Elles ont été rendues à leurs parents le mercredi soir, à 20h, après la prise de photos individuelles par la police.
 
«Je comprends très bien qu'on demande des explications après une bagarre, qu'il y ait une convocation au commissariat. Mais je trouve le dispositif d'interpellation au domicile suivi d'une garde à vue complètement disproportionné», a affirmé la mère d'Anne, qui n'aurait toutefois «fait état d'aucune observation lorsqu'elle est venue chercher sa fille au comissariat», selon la préfecture.

Enquête administrative de l'IGS
 
La préfecture de police a tout de même annoncé que le préfet de police avait demandé à l'Inspection générale des services (IGS, la police des polices) une enquête administrative pour savoir si une faute avait été commise par la police.
 
 
Selon la loi, un enfant de 13 à 16 ans peut être placé en garde à vue pendant 24 heures, si des indices laissent penser qu'il a commis ou tenté de commettre une infraction.
C.C. avec agence
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