On associe souvent les métiers de l'enseignement et de la recherche à la sécurité de l'emploi. Beaucoup moins à la précarité, qui est pourtant une réalité dans ce milieu, comme le montre une étude de l'intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche, parue hier. Selon celle-ci, faute de postes fixes, des chargés de cours (vacataires ou contractuels), doctorants, docteurs sans poste, administratifs et techniciens travaillent dans des conditions très instables.
Ces « invisibles » comme les qualifie l'étude, sont mal rémunérés et rarement augmentés. Ils cumulent souvent plusieurs emplois, ne touchent parfois pas de salaires les mois d'été... « Sans oublier leur sentiment de déclassement et leur impression d'être à la merci de leurs supérieurs hiérarchiques, qui peuvent mettre fin à leur collaboration du jour au lendemain », commente Stéphane Tassel, secrétaire général du Snesup. Un phénomène en pleine expansion selon les auteurs de l'étude, en raison des suppressions de postes dans l'Education nationale ces dernières années. « Selon nos estimations, les précaires seraient aujourd'hui environ 50 000, soit 20 % des personnes exerçant dans les universités ou les organismes de recherche », explique Stéphane Tassel. Après avoir dévoilé leur situation, l'intersyndicale du supérieur organisera une journée d'action pour demander la titularisation de 70 % d'entre eux et un « droit du travail aussi protecteur que dans le privé « pour les autres ». W
Delphine Bancaud