Attentat de Karachi: le parquet ouvre une enquête pour corruption

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Publié le 4 février 2010.

JUSTICE - A la suite d'une plainte des familles des victimes...

Non, l'affaire ne tombera pas dans l'oubli. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire à la suite de la plainte, notamment pour corruption et entrave à la justice, déposée en décembre par les familles de victimes de l'attentat de Karachi au Pakistan en 2002.

«Cela prouve que nos affirmations ne sont pas calomnieuses», s'est félicitée Magali Drouet, porte-parole des familles des victimes, interrogée par 20minutes.fr. Cela prouve aussi «qu’il y a vraiment quelque chose derrière tout ça. Maintenant, nous attendons de connaître le périmètre de l’enquête préliminaire. Notre plainte vise beaucoup de monde (François Léotard, Renaud Donnedieu de Vabres, Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy notamment, ndlr). Il faut que l’enquête prenne en compte toutes ces personnes!»

Le club politique d'Edouard Balladur

Cette enquête a été confiée aux policiers de la Division nationale des investigations financières (Dnif), basée à Nanterre. Six familles de victimes de l'attentat de Karachi le 8 mai 2002 avaient déposé plainte le 14 décembre, dénonçant plusieurs infractions présumées.

Leur plainte est liée à une piste suivie par les juges antiterroristes dans l'enquête sur l'attentat qui a fait 14 morts, dont 11 salariés de la Direction des constructions navales (DCN) en poste à Karachi pour la construction de sous-marins vendus par la France au Pakistan en 1994.

Elle vise notamment le chef de «corruption» contre le club politique créé en 1995 par Edouard Balladur, mais aussi les dirigeants de la DCN (aujourd'hui DCNS), de sa branche export DCNI «et tous autres» pour «entrave à la justice».

Commissions et rétro-commissions

Les parties civiles leur reprochent de n'avoir pas communiqué aux enquêteurs antiterroristes un rapport interne à la DCN évoquant dès la fin 2002 la piste de représailles en raison de l'arrêt des commissions.

L'enquête antiterroriste sur l'attentat de Karachi s'est orientée vers l'hypothèse de représailles pakistanaises après l'arrêt des versements de commissions sur un contrat soupçonné d'avoir donné lieu à des rétro-commissions pour financer l'activité politique d'Edouard Balladur, et notamment sa campagne présidentielle en 1995, selon plusieurs témoignages et rapports versés au dossier.
J. M. et V. V. avec agence
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