Garde à vue: «J'avais l'impression d'être un sous-homme»

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Publié le 3 février 2010.

TEMOIGNAGE - Le récit d'une nuit passée en cellule...

Repenser les conditions de la garde à vue. Le voeu de François Fillon, formulé ce mercredi sur Europe 1, devrait se concrétiser avec la réforme de la procédure pénale. Mais ces conditions, quelles sont-elles? Témoignage.
 
Ce soir-là, Constantin* le concède, il avait bu. «Le con bourré typique», décrit-il. Con mais enjoué cependant, et surtout pas agressif. Aussi, quand il arrive dans ce bar rennais avec son frère, pour y finir la soirée, il est jovial est souriant. «Je peux rentrer mon vélo dans le bar?», lance-t-il à l'entrée, faute de d'antivol.
 
«Des mégots au sol, de la merde sur les murs»
 
«Tout a dégénéré en une minute», explique Constantin*. L'ambiance était tendue dans le bar et, ni une ni deux, les videurs lui tombent dessus. «Ils m'ont gazé, secoué... Je me suis débattu et ils ont appelé la police.» Avant même de comprendre ce qu'on lui reproche, le jeune homme se retrouve au poste.
 
«On m'a fait déshabiller, et on m'a conduit en cellule, en caleçon», raconte-t-il. «Des mégots au sol, de la merde sur les murs, avec un banc en béton et une planche en bois pour couchette», se souvient Constantin*. Il obtiendra l'autorisation d'aller rincer son visage irrité par le gaz lacrymogène aux lavabos, mais ensuite «ni pause pipi, ni verre d'eau».
 
«On te méprise, on te parle comme à une merde»
 
«J'avais l'impression d'être un sous-homme», assure le jeune homme: «On te méprise, on te parle comme à une merde.» le médecin, qui passe le voir, constate que son état ne nécessite pas d'hospitalisation, mais lui explique qu'il ne peut rien pour ses douleurs aux yeux et au visage.
 
Constantin* passe une nuit difficile. «On ne m'a même pas donné une couverture», raconte-t-il. Le lendemain matin, pas un mot à son réveil. Quand finalement on s'adresse à lui, c'est pour lui signifier qu'il va pouvoir sortir. «Le seul truc un peu sympa qu'on m'ait dit c'est "on a toujours des problèmes avec les videurs de ce bar".» Mais à ce moment-là, Constantin* s'apprêtait déjà à vider les lieux.
 
* Le prénom a été modifié
 
>> Et vous, vous avez vécu l'expérience de la grade à vue? Racontez-nous ça dans les commentaires ci-dessous
Julien Ménielle
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