Le psychodrame continue au sujet des listes UMP aux régionales

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Publié le 3 février 2010.

POLITIQUE - Les élus locaux digèrent mal l'ouverture aux autres partis de la majorité et le large renouvellement des listes...

Des listes qui passent mal à l’UMP. Le parti majoritaire s’efforçait mercredi d’afficher son «unité» pour «gagner les élections» alors que les listes pour les régionales, vivement critiquées localement, ne sont toujours pas bouclées.

Etablies vendredi dernier puis rendues publiques samedi, ces listes n’étaient en fait qu’en cours de finalisation mardi pour être définitivement bouclées mercredi, selon le patron de l’UMP Xavier Bertrand.

Une position très inconfortable alors que ces listes sont censées être déjà validées. Sans que leur composition finale ne soit encore arrêtée, les listes métropolitaines -Corse exceptée- ont en effet été approuvées par quelque 700 délégués présents au conseil national samedi à Paris.

Mais elles sont loin d’avoir été plébiscitées, ne recueillant samedi que 60% des suffrages. Un score relativement médiocre pour un parti habitué à plus de consensus, qui illustre la grogne des cadres contraints par la tête du parti de composer avec les alliés de l'UMP et d’accepter un large renouvellement des listes.

Un nombre limité de places éligibles

Car, de la Gauche moderne à Chasse Pêche Nature et Traditions en passant par le Parti chrétien démocrate, les listes balayent très large. Une ouverture qui cause un problème de sensibilité mais surtout plus prosaïquement de places éligibles pour les «historiques» de l’UMP: leur nombre n’est pas extensible et même assez restreint du fait que la droite est minoritaire dans nombre de régions (2 sur les 22 régions de la métropole) sans beaucoup d’espoir pour le scrutin de mars.

Ce qui n’a pas empêché l’UMP d’être très généreux avec ses alliés. 120 places éligibles pour le Nouveau Centre dont deux têtes de liste, 7 places éligibles pour le parti de Jean-Marie Bockel (Gauche moderne), ou encore 10 places pour Christine Boutin: ces petits partis ont été comblés au-delà de leur espérance.

Une ouverture aux autres partis de la nouvelle majorité qui se double d’un large renouvellement au sein de l’UMP même. Selon le décompte du parti, 65% des listes ont été renouvelées par rapport aux précédentes régionales de 2004. 23 des 26 têtes de listes sont nouvelles, tout comme 80 des 100 têtes de listes départementales. Des changements qui s’accordent au principe «d’unionisme» cher à Nicolas Sarkozy et qui profitent à de nombreux ministres, mais qui passent mal dans les fédérations.

Date limite: le dépôt des listes entre le 8 et le 15 février

Mardi, le marseillais Jean-Claude Gaudin minorait le problème en ne parlant que de «quelques ajustements à faire en fin de liste, c'est-à-dire dans des postes non éligibles, à la suite des demandes de quelques responsables régionaux». Mais les observateurs du mouvement populaire font état de nombreux problèmes allant même au clash dans plusieurs régions comme en Ile-de-France, en Rhône-Alpes, en Midi-Pyrénées, dans le Nord-Pas-de-Calais, en Provence-Alpes-Côte-d'Azur ou en Poitou-Charentes, sans qu’on ne sache quand les listes seraient bouclées.

Un membre de l’UMP n'excluait pas mardi que les négociations se poursuivent jusqu'au dernier moment, entre les 8 et les 15 février, dates de dépôt des listes. «Le mouvement considère que l'on a laissé trop de place pour les alliés de l'UMP, qui en réalité ne représentent pas grand-chose», a-t-il expliqué. La situation est telle que des arbitrages finaux devraient avoir lieu à l'Elysée, a confié un autre membre de l'UMP.

Pas de «psychodrames de fusion de listes au soir du 1er tour»

Dans les instances dirigeantes, on défend une stratégie pour mettre en déroute la gauche. «Au second tour, nos listes seront les mêmes qu'au premier. La gauche, elle, part en ordre dispersé. Elle pourra toujours faire l'unité le mardi ou le mercredi (entre les deux tours) sur les places», a soutenu le sénateur-maire de Marseille.

De son côté, le chef de file des députés UMP Jean-François Copé a jugé mercredi qu'il valait mieux «crever l'abcès aujourd'hui». «Au moins, nous n'aurons pas le problème des drames, des psychodrames de fusion de listes au soir du 1er tour, dans des conditions épouvantables où il faut dire à des gens: vous avez fait campagne avec nous pendant deux mois, eh bien maintenant vous partez, parce qu'il faut laisser la place à quelqu'un avec qui on fusionne», a expliqué le député de Seine-et-Marne.

Un point de vue partagé par François Fillon, qui a assuré mercredi avoir pris la «direction de la campagne». «Chez nous il n'y aura pas entre les deux tours des marchandages», a-t-il expliqué, «contrairement à la gauche».

Maud Noyon
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