REVUE DE PRESSE - Pour la presse le duel va se poursuivre entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin...
Une lutte brutale, avec en perspective la présidentielle de 2012, estiment samedi les analystes de la presse française.
«Place au venin de la haine et de la division» écrit Paul Quinio dans
Libération. Pour l'éditorialiste, sur le «front de président qui voulait rassembler les Français est désormais collée l’étiquette de celui qui divise son propre camp».
Pour
Le Monde, «plus que jamais», Dominique de Villepin «pourra se présenter comme une “alternative” à l'actuel chef de l'Etat».
Gangrène
Bruno Dive dans les colonnes de
Sud-Ouest estime qu'en laissant le parquet faire appel, le chef de l'Etat a pris le «risque (...) d'entretenir jusqu'à l'élection présidentielle le mortel poison de la division à droite et de faire le jeu d'une opposition qui n'en demandait pas tant».
«L’abcès Clearstream aurait du être crevé une fois pour toutes», pense Jean-Claude Kiefer (
Dernières Nouvelles d'Alsace). Le laisser mûrir jusqu’à l’année prochaine (...) va transformer l’abcès en gangrène.»
Pour Jean Levallois dans la
Presse de la Manche, «Dominique de Villepin, qui n'a jamais rien représenté politiquement (...) se retrouve à la fois victimisé et propulsé en opposant direct du chef de l'État».
Avec un certain humour, François Martin (
Midi Libre) reconnaît que «le capital politique de l’ancien Premier ministre est désormais indexé sur l’affaire Clearstream. Plus elle dure, plus elle lui sert. Clearstream lui va si bien», ironise-t-il.
Victime
Lucide, Patrick Planchenault de l'
Est-Eclair, constate que «le flamboyant Villepin constitue déjà un handicap potentiel pour la majorité» dans la perspective de 2012, «en offrant une alternative à droite et (...) un nouvel horizon à la gauche».
Selon Xavier Panon, de
La Montagne, la stratégie de Dominique de Villepin était «fondée sur l’union de la majorité». Il souligne que désormais Nicolas Sarkozy «se retrouve avec un opposant d’autant plus déterminé à instruire le procès de sa présidence que le futur procès risque de freiner l’élan politique qu’il escomptait de sa relaxe».
«La capacité de nuisance d'un Dominique de Villepin remonté à bloc pèse sans doute plus lourd que sa condamnation hypothétique en appel», affirme pour sa part Patrice Chabanet (
Le Journal de la Haute-Marne).
Patrick Fluckiger dans l'
Alsace n'hésite pas à dire que politiquement «Nicolas Sarkozy lui offre mieux qu'une tribune: il fait de Villepin une victime».
Avec agence