Pour Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy a choisi de «persévérer dans sa haine»

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Publié le 29 janvier 2010.

CLEARSTREAM - L'ancien Premier ministre a réagi à la décision du parquet d'interjeter appel...

Dominique de Villepin a déclaré vendredi sur RMC que l'appel du Parquet dans l'affaire Clearstream était une décision «politique», montrant qu'«un homme, le président de la République Nicolas Sarkozy» a choisi de «persévérer dans son acharnement, dans sa haine».

«La décision est une décision de nature politique (...) Elle montre qu'un homme, Nicolas Sarkozy, le président de la République préfère persévérer dans son acharnement, dans sa haine plutôt que d'assumer la responsabilité de sa fonction en tant que garant de la justice française», a déclaré l'ancien Premier ministre, à peine annoncé l'appel du parquet.

«Je regrette que la justice soit instrumentalisée»

Le procureur de Paris Jean-Claude Marin, qui a décidé de faire appel, est «sous l'autorité hiérarchique du Garde des Sceaux et du président de la République», a-t-il relevé, ajoutant: «il savait qu'il n'y avait rien dans ce dossier à me reprocher».
Nicolas Sarkozy «s'enferme dans sa haine ce qui n'est pas, je crois, la vocation d'un président de la République», a aussi déclaré Dominique de Villepin, qui a été relaxé jeudi par le tribunal correctionnel dans le procès Clearstream.

L'ancien Premier ministre a évoqué «un détournement de la fonction présidentielle, un détournement du pouvoir». «Je regrette que ce spectacle pitoyable soit donné aux Français, je regrette que la justice soit instrumentalisée».

Suspicion de pression politique

«Je ne sais pas si (le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin) a fait appel sur ordre de l'Elysée, comme le laissent entendre les avocats de Dominique de Villepin», a déclaré à l'AFP Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM).

«Ce qui me gêne, encore une fois, c'est que comme d'habitude, les suspicions sont généralisées sur les décisions prises par le parquet, parce qu'il est dépendant du pouvoir politique». «C'est navrant, parce que c'est l'image de la justice qui en est éclaboussée. Il faut couper le lien entre le parquet et le pouvoir politique, voilà c'est tout», a-t-il ajouté.

Idée similaire pour Elisabeth Guigou, ancienne garde des Sceaux, sur RTL: «Même si je ne sais pas ce qui a motivé l'appel de Jean-Claude Marin, il y a une forme de logique dans cet appel puisqu'il est cohérent avec la position qu'il avait prise dans son réquisitoire au moment du procès», a-t-elle déclaré. «En même temps, il y a un doute profond, une suspicion profonde d'intervention du pouvoir politique. Et c'est ça qui extrêmement malsain. C'est malsain pour la justice, c'est malsain pour la politique», a-t-elle ajouté, se disant «consternée et "choquée». 

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