Martine Aubry et Laurent Fabius, à La Rochelle le 30 août 2008 durant l'université d'été du Parti socialiste.
 Martine Aubry et Laurent Fabius, à La Rochelle le 30 août 2008 durant l'université d'été du Parti socialiste. - REUTERS/Stephane Mahe
«Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique». Georges Frêche a encore mis le feu aux poudres et Martine Aubry ne pouvait pas laisser passer ça. La première secrétaire du PS s'est dite «indignée» mercredi soir par la dernière sortie du président de Languedoc-Roussillon dans L'Express (à paraître jeudi) à propos de Laurent Fabius. Elle y voit une «insulte aux valeurs de la gauche» et a annoncé qu'elle saisirait mardi la direction du PS pour «décider des suites».

Les propos que Georges Frêche a tenu à l'égard de Laurent Fabius, d'origine juive, n'ont pas été démentis mercredi par l'entourage de l'élu interrogé par l'AFP. «La déclaration de Georges Frêche est indigne d'un élu de la République. Je suis indignée par de tels propos», a assuré Martine Aubry dans un communiqué.

Le président sortant du Conseil régional du Languedoc-Roussillon, exclu du PS en janvier 2007 pour dérapages verbaux, a été plébiscité par les militants socialistes pour conduire la liste régionale en mars prochain et la direction du PS ne lui a pas opposé de liste alternative.

Après les blacks de l'équipe de France et les harkis...

Plus tôt mercredi, les Verts avaient condamné ces propos, demandant au PS de réagir. «Après l'affaire des blacks de l'équipe de France et les harkis, après avoir traité de nazi un pasteur de la Cimade, ces derniers propos aux relents nauséabonds sont inadmissibles», a dit à l'AFP Jean-Louis Roumégas, porte-parole national des Verts et tête de liste Europe-Ecologie en Languedoc-Roussillon.

Le député PS de Seine-Maritime et ancien Premier ministre Laurent Fabius avait affirmé fin décembre qu'il n'était «pas sûr» de voter pour les listes de Georges Frêche s'il était électeur en Languedoc-Roussillon, car «ses idées ne sont absolument pas les (s)iennes».

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