La ville de Port-au-Prince en Haïti a été totalement  ravagée par le séisme.
La ville de Port-au-Prince en Haïti a été totalement  ravagée par le séisme. - REUTERS
L’acteur John Travolta et la Scientologie ont débarqué mercredi devant les caméras de télévision du monde entier en Haïti. Quel est l'intérêt d’une secte à investir le champ humanitaire?
Cela apporte de la respectabilité et, en même temps, c’est une promotion médiatique extraordinaire, car les journalistes et les télévisions sont très présents. La Scientologie est gagnante sur le plan de la notoriété mais aussi financièrement.

Etre sur place leur permet de faire des appels aux dons auprès de leurs fidèles mais aussi plus largement et même parfois, pour certaines sectes, car il n’y a pas que la Scientologie en Haïti, d’obtenir des subsides des organisations internationales. Sur place, ils distribuent leur littérature et tentent de recruter, ce qui, à plus long terme, peut s’avérer payant.

C’est nouveau?

Non pas du tout. On a commencé à observer ce phénomène lors de la catastrophe de Tchernobyl en Ukraine en 1986, mais il a véritablement pris de l’ampleur lors des attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001, en passant par le Tsunami en 2004 ou même les révoltes dans les banlieues françaises en 2005.

Qu’est-ce qu’ils proposent en termes d’aide?
Une des méthodes des scientologues, appelée «assist», consiste en des massages. C’est tout à fait bénin si l’on n’a rien et inutile et dangereux si l’on a besoin de traitement. Mais la question de l’aide qu’ils apportent ou non n’est pas le problème.

Le problème c’est que ces sectes pratiquent un humanitaire dévoyé qui consiste à faire du prosélytisme sous couvert de venir en aide à des populations qui en ont véritablement besoin.

Il y a quelque chose de vraiment indécent dans le fait de débarquer comme l’a fait John Travolta en jet privé devant les caméras du monde entier sur le lieu d’une catastrophe majeure comme ce qui vient de se produire en Haïti. C’est indécent, mais c’est gênant aussi car ils viennent s’interposer entre les secours et les blessés.

Mais il n’y a rien à faire...
Cela pose tout de même la question de la mise en place d’une coordination internationale chargée de répartir les secours au niveau de l’ONU et des instances européennes. Non seulement cela permettrait d’organiser dans l’urgence l’arrivée des premiers secours mais aussi de barrer la route de ces usurpateurs de l’humanitaire.

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