Après l'Epad, l'imbroglio Proglio tombe mal pour Sarkozy

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Publié le 22 janvier 2010.

DECRYPTAGE - Une nouvelle polémique alors que les élections régionales se profilent...

Une polémique qui ressemble à la précédente et qui tombe tout aussi mal. Trois mois tout juste après la fin de l’affaire Jean Sarkozy à l’Epad, le double-salaire d’Henri Proglio a suscité cette semaine un nouveau tollé.

Même histoire de gros sous et copinage, même déclarations embarrassées des ministres envoyés au feu et surtout même reculade sous la pression populaire: les scénarios des deux affaires se ressemblent effectivement beaucoup. Et ont trouvé la même issue.

«L’affaire semble moins grave que dans le cas de l’Epad. Ce n’est pas le fils du président qui est au cœur de la polémique et Henri Proglio ne visait finalement qu’à gagner plus d’argent, a expliqué à 20minutes.fr Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA opinions. Mais l’aspect bling-bling de l’histoire est d’autant plus négatif que Sarkozy se trouve dans une phase d’impopularité.»

Climat social dégradé

En effet, le climat social reste dégradé alors que «l’économie repart mais le chômage reste fort. Avec cette histoire, les gens ont l’impression que les riches continuent à s’enrichir, alors que les pauvres continuent à s’appauvrir», poursuit le sondeur.

Et attention, il ne faudrait pas que le pouvoir «accumule trop d’affaires de ce type dans cette séquence socialement mauvaise alors que les élections régionales approchent», souligne le directeur général adjoint de BVA opinions.

Fin octobre, le fils cadet de Nicolas Sarkozy, soutenu par une large part de la majorité présidentielle, avait été contraint de retirer sa candidature pour la présidence de l’Epad, établissement public de l’aménagement de la Défense, après de violentes critiques sur son jeune âge et son inexpérience.

Jeudi, face aux nombreuses critiques, le patron du groupe public EDF Henri Proglio a renoncé à la double rémunération qu'il s'était vu attribuer en tant que président de Veolia Environnement. Une marche arrière activée, selon Le Monde, «à la demande du président de la République», sûrement effrayé par l’ampleur de la polémique.

Une reculade aux conséquences limitées

Mais finalement, le rétropédalage ne serait pas si lourd de conséquences pour l’Elysée à court terme. «On avait remarqué, juste après l’intervention télévisée de Jean Sarkozy sur l’Epad, que l’opinion publique cessait de se focaliser sur ce qui s’était passé, ne se souvenait plus de l’étape initiale», explique Gaël Sliman.

«En revanche, syndicats et opposition continueront à se servir de ces affaires dans le futur», prévient-il.

Toutefois, si l’histoire se répète, la réaction n’aurait pas pu être plus rapide, d’autant que la multiplication de ces affaires est très risquée pour le pouvoir. «Cela montre que personne dans l’entourage de Sarkozy ne lui tient tête» et n’ose remettre en question ses décisions, analyse Gaël Sliman.

Une situation potentiellement dangereuse alors que se profile une deuxième polémique sur la rémunération du patron: Henri Proglio pourrait bénéficier d’une «retraite chapeau» de 13,1 millions d'euros, au titre de ses 38 ans passés à Veolia.


Maud Noyon
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