Les eaux rejetées par les stations d'épuration sont plutôt de bonne qualité. Le Cemagref (Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement) et Suez Environnement ont présenté hier le résultat d'une étude sur le traitement des micropolluants, ces substances chimiques que l'on retrouve à l'état de traces (de l'ordre du microgramme) dans les rivières et boues d'épuration.
Il aura fallu quatre ans et 2,4 millions d'euros pour mener ce projet à bien sur 21 stations d'épuration. Un délai justifié par l'ampleur du programme : 128 polluants étudiés, 2 000 prélèvements et 5 000 analyses ont été nécessaires pour dresser ce tableau des micropolluants. Et le bilan est plutôt positif : 85 % des composés jugés « prioritaires » par l'Union européenne sont totalement éliminés. Pour les autres substances étudiées, comme les résidus de médicaments, les hormones et les pesticides, 50 % d'entre elles sont éliminées à hauteur de 70 %.
Les stations d'épuration françaises fonctionnent donc bien, mais n'arrêtent pas tout. Et même s'il ne s'agit que de traces, ces micropolluants sont placés sous haute surveillance. D'une part parce qu'en cas de sécheresse, ils peuvent se concentrer dans les rivières, d'autre part parce que certaines substances se recombinent. C'est le cas des hormones (humaines, animales ou issues des pilules contraceptives) avec des conséquences encore mal connues à ce jour. Le rejet de certaines de ces substances (principalement des métaux comme le mercure et le cadmium) sera d'ailleurs totalement interdit à partir de 2015. Pour cela, il faudra mettre la main à la poche : les dernières techniques, jusqu'à 20 % plus efficaces, peuvent doubler le coût du traitement des eaux usées. W
C. M.