POLEMIQUE - Sous la pression médiatique et politique, le patron d'EDF recule...
La polémique sur son
double salaire a eu raison de lui. Henri Proglio,
PDG d'EDF et président du conseil d'administration de Veolia Environnement, renonce à son salaire chez Veolia, a-t-il fait savoir jeudi en fin de journée, confirmant une information du
Monde. Seul moyen d'éteindre l'incendie allumé par des indiscrétions dans la presse.
Car après avoir assuré en novembre dernier qu'Henri Proglio ne percevrait qu'«une seule et unique rémunération», la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a reconnu cette semaine que le PDF d'EDF allait toucher 2 millions d'euros par an dont 450.000 euros au titre de Veolia et 1,6 million au titre d'EDF.
Le conseil d’administration du groupes de services à l'environnement s'était prononcé en ce sens le 17 décembre.
Remous à l'Assemblée
L'annonce faite par Christine Lagarde en début de semaine a
suscité de vives critiques à gauche et jusque dans les rangs de la droite, et a valu à la ministre d'être chahutée mercredi à l'Assemblée nationale.
Lorsqu'il a pris la tête d'EDF, Henri Proglio avait demandé à conserver «le niveau de revenu» qu'il avait comme PDG de Veolia. La rémunération du patron de l'ex-Générale des Eaux s'était élevée à 2,5 millions d'euros en 2007, avant de tomber à 1,6 million d'euros en 2008, en raison de la baisse de sa part variable liée aux les mauvais résultats du groupe.
«Sage décision»
Le Premier ministre François Fillon a salué jeudi soir le choix du patron d'EDF, affirmant à des journalistes «c'est une décision sage, dont je me félicite» à son arrivée à un meeting UMP pour les régionales à Paris. Le chef du gouvernement n'a pas fait d'autre déclaration, avant de gagner la salle des Blancs-Manteaux (IVe) où se tient la réunion publique accueillant la chef de file de son camp, Valérie Pécresse.
Interrogée sur Europe 1 vendredi, Christine Lagarde à refusé de préciser si l'Elysée était intervenue dans cette décision.
Dans un communiqué, le PS considère cependant que «M. Proglio doit choisir entre ses deux fonctions et démissionner de l’une des deux. Sa compétence d’industriel, reconnue par tous, n’est pas en cause. Mais EDF a besoin d’un dirigeant à temps plein préoccupé seulement de l’avenir de l’entreprise et de l’électricité en France».
B.D.