L'espérance de vie des Français continue, inexorablement, de progresser. Deux mois ont ainsi été gagnés en 2009, selon les chiffres publiés hier par l'Insee, pour atteindre 77,8 ans pour les hommes et 84,5 ans pour les femmes. Conséquence : si la part des moins de 20 ans dans la population continue de diminuer (24,7 %, soit une baisse d'un point en dix ans), celle des plus de 60 ans progresse et atteint 22,6 % (20,4 % en 2000).
Et ce vieillissement n'est pas endigué par le dynamisme de la natalité française (premier pays d'Europe pour le nombre de naissances), qui enregistre un léger recul par rapport à 2008 (voir encadré).
Un constat qui sera au coeur des débats cette année, où doit être discutée l'épineuse question de la réforme des retraites. Si le ministre du Travail, Xavier Darcos, a affirmé la semaine dernière devant les sénateurs qu'il n'y avait pas « d'autre solution que de travailler plus longtemps », la CGT, FO, la CFTC et des membres de l'opposition plaident plutôt pour de nouvelles sources de financement. Mais le constat reste le même : il y a aujourd'hui 1,8 cotisant pour un retraité, un chiffre qui passera à 1,5 dans une dizaine d'années pour tomber à 1,2 en 2050.
Une population qui vieillit, c'est moins de cotisations de retraite, mais aussi plus de problèmes de dépendance. Cette question, Nicolas Sarkozy a promis de s'y attaquer lors de ses voeux. Car non seulement le nombre de personnes âgées augmente, mais la génération des baby-boomers atteindra le grand âge à partir de 2020 avec un choc attendu pour 2025, où 10,5 % de la population aura plus de 75 ans. Au secrétariat d'Etat aux Aînés, cette question est prise très au sérieux. Après des états généraux de la dépendance en avril, un projet de loi devrait être élaboré d'ici à la fin de l'année. Il sera centré autour du financement public et privé de la prise en charge et de la solidarité familiale. W