Ecoute et réconfort apportés aux familles haïtiennes par la cellule psychologique

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Publié le 16 janvier 2010.

REPORTAGE – L'absence de nouvelle est insupportable...

Une détresse immense. Mais une détresse partagée. Les quelques centaines de personnes qui sont venus chercher du réconfort au sein de «la cellule d'information et de soutien psychologique à destination des familles haïtiennes» sont désespérées. Ces hommes et ces femmes ont les traits tirés, et les yeux humides. La tension est palpable, le silence est lourd, mais les gestes fraternels et les sourires chaleureux ne manquent pas.

Cette cellule, organisée ce jeudi 14 janvier à la Bourse du Travail de Saint-Denis (93), à l’initiative de l’association «Nouvelles images pour Haïti», a pour but d’accueillir et de réconforter les personnes qui ont des proches à Haïti. La plupart d’entre eux ne sont pas en deuil. Ils ne savent pas. Ils attendent des nouvelles qui n’arrivent pas, parce que les lignes téléphoniques sont coupées. Et l’attente est insupportable.

«La communication est pratiquement inexistante»

C’est pour cela que Moumoun est venu aujourd’hui. Cet Haïtien d’une soixantaine d’année témoigne: «Je n’ai aucune nouvelle de mes amis et de mes proches qui habitent sur l’île.» Il espère rencontrer ici une personne qui aurait eu un contact avec l’un des siens. «La communication est pratiquement inexistante. Mais certains persistent, cherchent des moyens, et arrivent à rétablir le contact», explique-t-il.

L’espoir les aide à tenir. «Apparemment, des réseaux fonctionnent, rapporte Moumoun. J’ai entendu dire que l’opérateur de téléphonie mobile Digicel est opérationnel.»

La grande salle est loin d’être pleine. Beaucoup d’Haïtiens, en majorité des hommes, sont dans le couloir, histoire de s’éloigner de cette atmosphère étouffante. De nombreux journalistes sont là aussi, et filment sans relâche.

Le bâtiment de la Croix Rouge sur l’île est resté intact

Les personnes chargées de l’encadrement psychologique ne sont pas nombreuses. Une psychologue du Samu, deux de la Croix Rouge, et quatre secouristes sont à la disposition de tous ceux qui en éprouvent le besoin. «Notre job, c’est principalement d’écouter et de réconforter», explique Elodie, une secouriste de la Croix Rouge. Les enfants, eux, sont «mis à l’écart de toute cette tension et de cette pression médiatique. Mais malgré tout, ils sentent que quelque chose ne tourne pas rond», confie Elodie.

L’association met également à la disposition des visiteurs un site Web, qui vise à faciliter les recherches. Le bâtiment de la Croix Rouge sur l’île n’a pas été détruit, la communication est donc possible, selon la secouriste.

Une parole libératoire

Quelques chaises sont disposées sur la scène, et un micro passe de mains en mains. Plusieurs associations humanitaires, comme AMI, se présentent, appellent aux dons et apportent des mots de réconfort. Des représentants haïtiens (ambassadeurs) s’expriment aussi. De temps en temps, une personne de l’auditoire prend le micro et exprime ses angoisses.
Marion Lippmann
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