Une galette des rois pour les sans-papiers

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Publié le 6 janvier 2010.

SOCIETE - Plusieurs associations et personnalités ont participé à une rencontre de soutien aux 6.000 travailleurs sans-papiers en grève depuis bientôt 3 mois...

C’est une galette des rois militante qui a accueilli associations, personnalités et sans-papiers ce mercredi, rue du Regard, à Paris. Ici, depuis le 12 octobre, 250 travailleurs sans-papiers en grève occupent un bâtiment. Pour l’occasion, des représentants d’autres piquets de grève les ont rejoints.  
 
«On bosse ici, on vit ici, on reste ici», scandent les personnes présentes. Aux côtés des responsables associatifs, comédiens, chanteurs ou sportifs se serrent les coudes, dans la cour du bâtiment. Guy Bedos, Cali, Antoine De Caunes, Yvan Attal, Juliette Binoche... tous sont venus exprimer leur soutien. «Récemment, le président Sarkozy s’est exprimé dans Le Monde», lance la comédienne Josiane Balasko, «disant “redonnons un sens au mot fraternité”. Il l’a dit, nous, on est là pour le faire».
 
Ses paroles réchauffent le coeur des sans-papiers présents, en grève depuis près de 3 mois. Makan, 44 ans, vit en France depuis bientôt 10 ans. Originaire du Mali, il a enchaîné les contrats dans le bâtiment. «C’est très important pour nous. Depuis le début de la grève, c’est la première fois qu’autant de hautes personnalités viennent nous rencontrer.»
 
Soutien et médiatisation
 
Les sans-papiers sont effectivement reconnaissants. Quand Josiane Balasko sort fumer une cigarette, elle est accueillie par des applaudissements nourris. «La soirée a deux objectifs, montrer aux sans-papiers qu’ils sont soutenus, et faire en sorte qu’on parle de ces 6.000 travailleurs en grève», explique Sarah Belaisch, de la Cimade.
 
Et effectivement, les journalistes ont été attirés par les people. Au grand plaisir des associations, qui se plaignent du manque d’écho de leur mouvement dans les médias. «Entre les problèmes de santé de Johnny, les vaccins contre la grippe et les travailleurs sans papiers, il y a toujours de la part des rédactions des choix que nous ne partageons pas», dénonce Anne-Marie Martin-Carmagnac, de la CGT, qui s’implique sur le piquet de grève de Vigneux.
 
Avec les autres responsables associatifs, elle organise des cours de Français pour les grévistes. Certains d’entre eux étaient employés depuis plus de 10 ans par une entreprise de ramassage des ordures. Sidibe Bakary, à ses côtés, vit en France depuis 5 ans. Pas de titre de séjour, mais pourtant, du travail.
 
«Pour une reconnaissance large de la nationalité»

 
Ce qui n’est pas suffisant pour obtenir des papiers. Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France de passage sur le piquet, s’en prend aux circulaires du gouvernement. «Nous sommes pour une reconnaissance large de la nationalité, avec des critères clairs et bien appliqués», assène-t-il.
 
Tapant sur leurs djembés, les sans-papiers semblent motivés. Le froid mordant ne les empêche pas de manifester et de sensibiliser les passants.
 
«Tous les ans, c’est de plus en plus dur», souligne Josiane Balasko, «Il faut que les gens comprennent que les sans-papiers font vivre notre économie. Si on les expulse, la France sera dans la merde».
Oriane Raffin
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