DECRYPTAGE - Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, souhaite élargir la liste des pays à risque, pour mieux contrer les nouvelles menaces terroristes. Qui va être concerné? Sur quels critères cet élargissement va-t-il se faire? Et que va-t-il se passer dans les aéroports français au final? 20minutes.fr fait le point...
Quels pays risquent d’être concernés?
«Il faut élargir la liste des zones à risques de sept à trente pays»,
a déclaré Brice Hortefeux au Figaro. Jusqu’à présent, les pays «à risques» de la liste noire sont le Yémen, la Syrie, le Pakistan, l’Iran, l’Afghanistan, l’Algérie et le Mali. Le ministre souhaite «prendre en compte les points de passage des filières de l’islamisme radical». Les nouveaux entrants vont être définis selon une liste transmise par l’
Unité de coordination et de lutte antiterroriste (Uclat).
Si le dispositif est calqué sur la liste noire américaine, réactualisée au lendemain de l
'attentat manqué contre le vol Amsterdam-Detroit, les nouvelles zones seront choisies parce qu’elles sont des
«soutiens au terrorisme» ou «concernés par le terrorisme». La liste comporte, en plus des pays déjà présents sur celle de la France, le Nigeria – pays d’origine du kamikaze - la Libye, la Somalie, le Soudan, Cuba, le Liban, l'Arabie saoudite et l'Irak.
Quelles conséquences pour les passagers?
Les contrôles sont renforcés pour les ressortissants de ces Etats et pour les passagers en provenance de ces pays, avec notamment une fouille corporelle complète, assortie d’une inspection manuelle des effets personnels
à l’embarquement des vols à destination des Etats-Unis. Et le 30 décembre dernier, les procédures de contrôle à l'embarquement
avaient été renforcées.
En plus de ces nouveautés, les passagers doivent toujours se plier aux mesures prévues par le
plan Vigipirate, au niveau rouge depuis les attentats de Londres en 2005. Et peut-être, à terme et
s’ils sont autorisés par l’Union Européenne, un passage devant un
scanner corporel.
Quelles obligations pour les compagnies aériennes?
Depuis le 1er janvier, les compagnies aériennes desservant les pays «à risque» sont contraintes de fournir la liste de leurs passagers ainsi que davantage de renseignements sur ces derniers (plus que les informations relatives à leur identité comme leurs nom, prénom, âge, date et lieu de naissance), faute de quoi elles risquent de se voir infliger une amende de 50.000 euros.
À plus long terme, Brice Hortefeux a
déjà prévenu qu’il souhaitait que les données sur les voyageurs (moyen de paiement, adresse de facturation, numéro de téléphone, adresse électronique…) soient recueillies dès la réservation du billet, pour pouvoir «profiler» les personnes à risques ou signalées. Le ministre souhaite qu’une base de données soit mise en place au niveau européen.
20minutes.fr