Compte piratés de Sarkozy: Des avocats écrivent au chef de l'Etat

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Publié le 23 décembre 2009.

JUSTICE - Ils s'interrogent sur ses liens avec le procureur et sur une enquête menée contre une juge du TGI de Nanterre...

Sept avocats ont écrit ce mercredi à Nicolas Sarkozy pour obtenir du chef de m'Etat l'assurance qu'il était étranger à l'enquête menée sur Isabelle Prévost-Deprez, une juge du TGI de Nanterre, sur la base de griefs émis par le procureur de ce tribunal, Philippe Courroye.

Dans cette lettre, révélée par l'AFP, les avocats de la défense dans l'affaire des comptes piratés de Nicolas Sarkozy font référence à la décision, dans ce dossier, d'Isabelle Prévost-Deprez, présidente de la 15e chambre correctionnelle du TGI de Nanterre, spécialisée dans les affaires financières.

Cette dernière avait refusé, en juillet, à l'issue du procès, de se prononcer sur une demande de dommages et intérêts de Nicolas Sarkozy, tant que son mandat de président de la République est en cours, au nom du principe de l'égalité des armes devant la justice, le chef de l'Etat ne pouvant lui-même être poursuivi pendant qu'il exerce ses fonctions.

«Enquête interne»

La semaine dernière, elle a été entendue par la présidente du TGI de Nanterre, Chantal Arens, dans le cadre d'une «enquête interne» diligentée après une lettre du procureur Philippe Courroye mettant en cause le comportement professionnel de la juge.

Les avocats suggèrent que les griefs de Philippe Courroye à son encontre pourraient être en lien avec la constitution de partie civile du président de la République dans cette affaire de comptes piratés.

«Une volonté de prise en main de l'autorité judiciaire»


«Cette démarche, si elle était avérée, nous semblerait démontrer, d'une part, une fébrilité incompatible avec l'oeuvre de justice et, d'autre part, une volonté, déjà bien affirmée, de prise en main de l'autorité judiciaire», s'inquiètent les avocats dans leur lettre.

«Les liens qui vous unissent à ce dernier (Philippe Courroye) peuvent laisser penser que vous l'approuvez ou, pire, que vous en êtes l'initiateur», poursuivent-ils. Les sept avocats évoquent également une «intolérable» et «inhabituelle» pression du procureur durant les audiences.

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