SOCIETE - L'ancien Premier ministre se dit également «choqué» par le renvoi de neuf Afghans à Kaboul...
Si même le meilleur d’entre eux s’y met...
Dans un entretien au
Parisien dimanche, l'ancien Premier ministre Alain Juppé se montre sceptique sur l'intérêt de débattre de l'identité nationale, estimant que «la question ‘qu'est-ce qu'être français?’ ne se pose pas vraiment (...) nous connaissons la réponse».
Et de citer la devise de la République: «liberté, égalité, fraternité», trois mots qui, selon lui, «restent d'une actualité totale». «Ajoutons-y la laïcité et on a l'identité française», poursuit le maire UMP de Bordeaux.
Dans ce débat, «je crois qu'on élude la vraie question qui est de savoir si la France reste fidèle à sa tradition d'accueil ou pas (...) Aujourd'hui, quelle est la capacité d'accueil de la société française vis-à-vis de ceux qui la rejoignent, en particulier des musulmans? C'est la vraie question», juge-t-il, avant de souligner que «tout ce qui peut dresser les communautés les unes contre les autres, et en particulier les musulmans contre les autres, est détestable».
Copenhague? Un échec
Dans cette interview, l’ancien Premier ministre évoque également d’autres sujets chauds. A-t-il été choqué par le renvoi à Kaboul, mercredi, de neuf Afghans en situation irrégulière? «Oui», réplique-t-il, ajoutant que «dans la situation de l'Afghanistan, la tradition d'asile de la France souffre de ce genre d'opération».
L'éphémère ministre de l'Ecologie de l'après-élection de Nicolas Sarkozy (mai-juin 2007) commente également l'accord a minima conclu au sommet de Copenhague sur le climat samedi: «Oui», c'est un échec, «et une immense déception pour ceux, dont j'étais, qui y avaient cru».
Selon lui, le président Sarkozy, dont les efforts méritent d'être salués dit-il, «s'est heurté à une dure réalité: la clé était dans les mains des Etats-Unis et de la Chine qui n'ont pas voulu faire de mouvement». «Tout est à reprendre», conclut-il.
N. B. avec agence