Karachi: les deux pôles de l'enquête avaient du mal à communiquer

ATTENTAT Le pôle financier du parquet de Paris n'a pas transmis le rapport qu'il avait découvert au pôle anti-terroriste, gênant l'enquête...

Vincent Vantighem

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Un manque de communication flagrant. Depuis l'attentat de Karachi le 8 mai 2002, l'enquête s'est orientée vers deux pistes. La première, très logiquement, est gérée par le pôle anti-terroriste du parquet de Paris. La seconde, par le pôle financier. Et ces deux pôles d'instruction ont bien du mal à se rejoindre. La preuve: les juges anti-terroristes ont découvert le rapport Nautilus... en ouvrant les journaux.

Ce sont les juges de ce dernier pôle qui ont découvert le rapport Nautilus à l'issue d'une perquisition. Outre le montage financier, ce rapport secret fait état de la création de plusieurs sociétés écrans permettant le transfert des commissions entre la France et le Pakistan. «Il y a Eurolux, Armaris, Mercofinance, la Sofreca, la Sofresa», liste de tête Olivier Morice, l'avocat des parties civiles.

Des parties civiles consternées


Des noms que les juges anti-terroristes ont donc découverts dans la presse. «Ils ont été surpris que ces documents ne leur aient pas été communiqués, poursuit Olivier Morice. Quant aux parties civiles, elles ont simplement été consternées!»

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La plainte des parties civiles a été déposée lundi devant le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, et porte aussi sur le motif «d'entrave à la justice». Libre à lui désormais d'ouvrir une information judiciaire ou de ne pas engager de poursuites. «S'il n'ouvre aucune enquête, nous avons déjà prévu de saisir le doyen des juges d'instruction du parquet de Paris, menace Olivier Morice. On ne comprendrait pas!»

L'avocat des parties civiles a refusé, hier, de révéler le montant des commissions versées entre la France et le Pakistan. «De toute façon, je serai sans doute en-deçà de la vérité!» Libération a annoncé le chiffre de 10,25% de commissions sur un contrat de 825 millions d'euros.