Ne pas remplacer les fonctionnaires partant à la retraite «récompense les mauvais élèves»

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Publié le 17 décembre 2009.

ECONOMIE - C'est Philippe Seguin qui le dit...

Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite serait un cadeau pour le fond de la classe. C'est l'analyse livrée mercredi par le premier président de la Cour des Comptes, Philippe Séguin. Selon lui, cette règle, actuellement appliquée par l'Etat, «récompense les mauvais élèves», ceux qui «résistent aux efforts de productivité».
 
«L'Etat se révélant incapable d'analyser les besoins et de programmer ses effectifs en conséquence, sa politique du personnel est dictée principalement par des considérations budgétaires de court terme», a analysé Philippe Séguin en présentant un rapport de la Cour sur «les effectifs de l'Etat» de 1980 à 2008.
 
«Administrations pléthoriques et sous productives»
 
En effet, la règle «résulte d'une démarche purement quantitative», sans évaluer la qualité des missions de service public, une méthode qui profiterait aux «administrations pléthoriques et sous productives» qui ont moins de mal que les autres à «rendre des effectifs», a expliqué le président de la Cour des Comptes.
 
Ce sont quelque 34.000 postes qui seront supprimés dans la fonction publique d'Etat en 2010, sur environ 2,5 millions au total. La règle peut certes avoir une vertu, quoique limitée en termes de réduction des dépenses et du déficit, mais la pyramide des âges de la fonction publique est telle qu'elle ne pourra pas fonctionner longtemps, estime la Cour des Comptes.
 
Urgence
 
En effet, à partir de 2013, le nombre de départs en retraite dans la fonction publique d'Etat devrait tomber à environ 10.000 par an, ce qui reviendrait à une économie de seulement 5.000 postes. «Il y a urgence à mettre en place une politique globale de gestion du personnel public», estime Philippe Seguin.
 
Les dépenses de personnel (pensions civiles et militaires comprises) ont en effet représenté près de 300 milliards d'euros en 2007. Des dépenses de personnel qui représentent pour l'Etat près de la moitié des dépenses nettes de son budget, a souligné le premier président de la Cour.
Le prix d'un fonctionnaire
 
Lorsqu'il titularise un agent, l'Etat s'engage en moyenne à le rémunérer durant cinquante ans (salaires et retraites). Le coût moyen pour l'Etat d'un fonctionnaire tout au long de sa vie est estimé à environ 3,5 millions d'euros, selon la Cour des Comptes.
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