Un vent de contestation souffle-t-il au Sénat?

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Publié le 15 décembre 2009.

POLITIQUE - La chambre, où l'UMP n'a pas la majorité, se dit écrasée de travail...

La chambre est réputée pour être calme, ses membres discrets. Mais depuis plusieurs mois, les votes s’enchaînent au Sénat et la contestation contre les projets phare du président Sarkozy gronde. Lundi soir, le projet de loi sur le redécoupage électoral a été rejeté. Le mois dernier, la commission des finances du Sénat avait déjà voté à l'unanimité un amendement au projet de budget 2010 visant à rétablir à 19,6 % le taux de TVA sur la restauration.

«Ca a toujours été comme ça au Sénat, explique-t-on au groupe UMP. Les sénateurs sont plus indépendants du pouvoir que les députés» et n’hésitent pas à clamer haut et fort leur désaccord avec le gouvernement.
 
Une façon de soigner leur image de contestataires? «Non, les sénateurs sont aussi plus sages, plus experts. Ils ne cherchent pas à faire de coups médiatiques, ils travaillent sur le fond.»
 
Un travail de composition

Un travail sur le fond que les députés auraient oublié de faire? Pas seulement. Les sénateurs soulignent un effort de consensus: contrairement à l’Assemblée nationale, l’UMP n’a pas la majorité au Sénat. «Il faut donc composer pour obtenir un vote» sur un texte difficilement acceptable par les autres groupes, explique le sénateur centriste Hervé Maurey.
 
Conséquence, «le gouvernement est souvent obligé de lâcher du lest au Sénat», comme cela avait été le cas au début 2009. Les débats pour l’adoption de la réforme de l’audiovisuel public avaient permis de faire plier le gouvernement sur plusieurs points.
 
Ces débats seraient-ils menacés? Au Sénat, un seul sénateur peut voter pour l'ensemble des membres de son groupe lors d'un vote public. Ainsi, le sénateur centriste qui dit s’être trompé votait hier soir pour 29 personnes au total, 29 personnes qui étaient absentes de l’hémicycle mais 29 voix qui sont essentielles à l’UMP pour obtenir la majorité absolue.
 
«Fatigue et lassitude»

«Nous sommes dans une frénésie parlementaire, calquée sur la frénésie présidentielle. On ne prend pas le temps de vraiment consulter les parlementaires. Le vote par paquet, contraire à l’article 27 de la constitution, n’est là que pour appliquer la politique du gouvernement», souligne Jean Desessard, sénateur Verts.
 
Le sentiment d’être considérée uniquement comme une chambre d’enregistrement est partagé. «Il y a un sentiment de fatigue et de lassitude. Le gouvernement nous met la pression et on doit siéger de plus en plus souvent. Normalement, on est au Sénat du mardi au jeudi inclus, ce qui nous laisse du temps pour aller dans nos départements. En ce moment, on est plutôt présent du lundi au dimanche», raconte Hervé Maurey.
 
«Les textes s’empilent. C’est vrai que les sénateurs ont souvent l’impression de ne pas avoir assez de temps pour bosser», confirme-t-on au groupe UMP. Alors le Sénat se rappelle de temps en temps au gouvernement, avec un vote contraire aux recommandations. Mais, dans l’auguste assemblée, «on reste loin de la rébellion».
Maud Noyon
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