Le Parti socialiste a demandé, hier, la mise en place d'une « protection temporaire » pour les Afghans fuyant leur pays. Cette proposition intervient alors que la Cimade craint le départ, aujourd'hui, d'un nouveau charter vers Kaboul. « La police a notifié cette date de renvoi à plusieurs exilés afghans » arrêtés en France, a précisé l'association. Une dizaine de migrants retenus au centre de Calais-Coquelles (Pas-de-Calais) seraient notamment concernés. Hier, Eric Besson, ministre de l'Immigration, a refusé de confirmer ou d'infirmer cette annonce. « Lorsqu'il y aura un vol avéré, je m'en expliquerai », a-t-il réagi en marge d'un séminaire ministériel. Quelques minutes plus tôt, il avait pourtant rappelé le cadre de la politique d'immigration fixé par l'Elysée : « Les déboutés du droit d'asile doivent être reconduits (...), même en Afghanistan. »
A la fin septembre, 9 000 Afghans avaient demandé l'asile en Europe, dont 600 dans l'Hexagone, selon France-Terre d'asile. Un chiffre qui conforte Bariza Khiari, sénatrice PS de Paris, dans son idée. Hier, elle a trouvé « paradoxal » que la France envoie de nouvelles troupes en Afghanistan « au motif qu'il faut assurer la sécurité des gens », alors qu'en France, « on ne peut accorder une protection même temporaire à ceux qui fuient la guerre ». Interrogé dimanche, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a répondu que la France n'était « pas en guerre en Afghanistan ». W
V. V.