Le diplôme d'infirmier sera désormais reconnu au niveau licence pour les étudiants commençant leurs études cette année. Que va changer cette réforme?
Il s'agissait d'abord de réparer une injustice. Malgré trois ans d'études, le diplôme infirmier n'était pas reconnu au niveau licence. C'est désormais chose faite pour tous les étudiants entrés en formation à la rentrée 2009. Cela aura des conséquences concrètes sur leur statut à l'hôpital, qui va aboutir à une revalorisation sans précédent de la profession. Dès leur sortie d'école, en 2012, ils seront automatiquement reconnus comme fonctionnaires de catégorie A.
Et pour les infirmiers déjà en poste?
Ceux qui exercent déjà bénéficieront eux aussi de cette réforme. Mais ils auront le choix. Ils pourront acquérir le nouveau statut ou, s'ils le souhaitent, rester en catégorie B, car ce changement a des conséquences, notamment sur l'âge de départ à la retraite - 55 ans en catégorie B, 60 ans en catégorie A. C'est à chacun de décider.
Cela va-t-il aussi se traduire par une augmentation?
Il y aura bien sûr une revalorisation salariale. Les négociations avec les syndicats sont en cours. Pour les infirmiers déjà en poste, elle se fera progressivement sur cinq ans, à partir de 2011. A terme, ce changement de statut représentera l'équivalent d'un peu plus d'un treizième mois, soit une majoration d'environ 2.000 euros net par an pour chaque infirmier, pour un coût annuel de 500 millions d'euros.
C'est un moyen d'attirer des jeunes vers la profession?
Oui. Il y a 30.000 places ouvertes chaque année en institut de formation. Or on ne forme que 22.000 professionnels par an, alors que c'est un métier qui ne connaît pas le chômage : le taux d'emploi est de 100%! La réforme va aussi permettre aux étudiants de poursuivre leurs études avec des masters ou des doctorats spécialisés. On souhaite que les infirmiers, lorsqu'ils ont envie de prendre des responsabilités, ne soient plus seulement dirigés vers le management. Ils doivent pouvoir continuer dans ce qui est leur métier, c'est-à-dire le soin.