Rafler toutes les régions, rien que ça. La première secrétaire du Parti socialiste a placé la barre très haut, à Tours ce week-end, lors du conseil national qui a donné le coup d'envoi de la campagne socialiste pour les régionales. Pour la patronne du PS, pas de doute, le parti peut conserver les vingt régions qu'elle dirige déjà, mais aussi conquérir les deux seules ayant résisté à la vague rose de 2004, l'Alsace et la Corse.
Si Martine Aubry fait preuve de tant d'optimisme, c'est que la conjoncture locale et nationale est plutôt favorable aux socialistes. Dans les régions déjà aux mains du PS, les sondages donnent certes l'UMP victorieuse au premier tour, mais largement battue au second, une fois la gauche réunie par le jeu des alliances. Et dans les deux régions de droite, le jeu s'est ouvert ces derniers mois.
Des régions qui peuvent changer de mains
En Alsace, le décès en août dernier du président du conseil régional, Adrien Zeller, a changé la donne. L'alliance de centre-droit a depuis éclaté, et jusqu'à trois listes de droite (UMP, MoDem et Force centriste d'Alsace) pourraient se lancer dans la bataille. De quoi donner le sourire aux mouvements de gauche qui partent séparés au premier tour, mais dont une alliance au second ne fait guère de doute.
Quant à la Corse, un sondage Ifop réalisé début décembre place la gauche, avec le PC (qui présente sa propre liste), en tête dès le premier tour à près de 34% des intentions de vote. Les socialistes restent toutefois méfiants à l'égard de la candidature en Haute-Corse du radical Paul Giacobbi, soupçonné de pouvoir s'allier avec la droite pour diriger l'Assemblée territoriale en échange d'un portefeuille ministériel.