Groupe de Tarnac: Ils sauront le 18 décembre s'ils sont pleinement libres

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Publié le 11 décembre 2009.

JUSTICE - Alors que les magistrats étudient une demande de levée de la restriction de liberté imposée à Julien Coupat et ses acolytes, un témoin dans l'affaire maintient ses propos à charge...

Début décembre, le groupe des dix avait prévenu: ils ne pointeraient plus. Soumis à une mesure de restriction de liberté depuis plus d'un an, le groupe de Tarnac attend le verdict. Les magistrats de la cour d'appel examinent, ce vendredi, la demande de levée de la mesure.

Ils rendront leur décision le 18 décembre, selon source judiciaire. Le parquet général a requis une non-modification de ces contrôles judiciaires, selon la même source. La chambre de l'instruction a mis ses décisions en délibéré au vendredi 18 décembre.
 
«La raison voudrait que l'on assouplisse ces contrôles judiciaires mais la raison ne l'emporte pas toujours», a commenté un des avocats de Julien Coupat, Thierry Levy, avant l'audience.

Quelle justification au contrôle judiciaire?

Julien Coupat avait fait appel de son contrôle judiciaire en mai dernier qui lui impose qu'il demeure chez lui à Montreuil, en Seine-Saint-Denis ou chez ses parents à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine. Le contrôle judiciaire lui interdit en outre de sortir d'Ile-de-France et lui impose d'aller pointer une fois par semaine au commissariat de Montreuil où il devra laisser ses papiers d'identité.

Pour l'un de leurs avocats, cité par Libération, «les mesures n'ont plus aucune espèce de justification. Il y a plus de huit mois que Julien Coupat est sorti de prison, et il n'a pas été entendu par le juge depuis le mois de mai», ajoute-t-il.

Le témoin persiste et signe

Mais au moment où la justice examine la demande, un autre rebondissement survient dans l'affaire. Jean-Hugues Bourgeois, un agriculteur qui a rencontré des personnes poursuivies dans l'affaire et entendu comme témoin sous X fin 2008, a assuré lors d'une nouvelle audition n'avoir pas subi de pressions de la part de la Sous-direction antiterroriste (Sdat).

Les avocats des mis en examen affirment, de leur côté, que Jean-Hugues Bourgeois a subi des pressions des policiers en charge de la lutte antiterroriste pour mettre en cause le groupe. Son témoignage sous X, le 14 novembre 2008, avait été considéré comme un élément à charge parce qu'il prêtait notamment à Julien Coupat, présenté comme le leader du groupe soupçonné d'avoir saboté les lignes ferroviaires, de faire «peu de cas de la vie humaine».

>> Tous nos articles sur Julien Coupat, ici

Cet agriculteur, qui a depuis quitté l'Auvergne, a été réentendu le 26 novembre à sa demande et sous sa véritable identité par un des juges en charge de l'enquête sur des sabotages de lignes TGV commis en novembre 2008. «Je ne veux plus jouer le moindre rôle dans l'affaire dite de Tarnac et je tiens à ce que mon identité figure au dossier afin que mon anonymat ne puisse plus faire l'objet d'un quelconque chantage», a déclaré Jean-Hugues Bourgeois.

Considérés comme des membres de la mouvance autonome, les mis en examen dénoncent depuis le début de l'affaire en novembre 2008 une instruction menée uniquement à charge. «Ce qui nous est arrivé n'était pas centralement destiné à nous neutraliser nous, en tant que groupe, mais bien à impressionner le plus grand nombre», avaient-ils écrit dans une tribune du Monde.
 
 
 


Maud Descamps
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