Un cours de géographie dans une classe de terminale S du lycée Jeanne D'arc à Bayeux
Un cours de géographie dans une classe de terminale S du lycée Jeanne D'arc à Bayeux - LYDIE/SIPA

Corentin Chauvel

Touche pas à mon histoire-géo! 20minutes.fr est allé à la rencontre de lycéens parisiens pour connaître leur sentiment sur ce point controversé de la réforme du lycée, présentée aujourd’hui par le ministre de l’Education Luc Chatel au Conseil Supérieur de l’Education (CSE).
 
Léon et Victor, tous deux en terminale S, ont beau ne pas être concernés par les prochains changements, ils ont un avis tranché sur la question. Léon est favorable à cette réforme: «C’est bien de changer les choses de temps en temps, puis ça permettrait d’alléger notre programme de terminale qui est déjà très chargé. Au Bac, ça fait mal!»
 
Plus idéaliste, Victor s’oppose au formatage, au «savoir qui rapporte», que veut instaurer selon lui Luc Chatel: «Le programme d’histoire du lycée est essentiel pour nous épanouir, nous ouvrir au monde, si on met tout en première, ce sera forcément bâclé.»
 
Plus de sectorisation

«Comment étudier deux programmes sur une même année?», renchérit Elsa, en seconde, et qui envisage de prendre une filière scientifique. «C’est vraiment dommage de supprimer l’histoire de la terminale, c’est penser que nous nous intéressons qu’aux matières scientifiques», poursuit la lycéenne.
 
La peur d’être jugé en fonction de sa filière risque de se renforcer pour Servane, élève de première L: «On va être encore plus stigmatisés, surtout nous, les littéraires.» Peur de passer toujours plus pour des «glandeurs» comparés aux scientifiques, considérés comme travailleurs et surtout placés dans la filière de la réussite.
 
«Je déteste l’histoire-géo, mais ça m’embête qu’on l’enlève»

Paradoxalement, la plupart des élèves «scientifiques» rencontrés n’aiment pas trop leur cours d’histoire, mais s’opposent farouchement à sa suppression en terminale. «Je suis nulle et je déteste l’histoire-géo mais ça m’embête qu’on l’enlève», assure Pauline, en seconde et qui voit son futur en S. «En plus, en première, il y a déjà le bac français à la fin de l’année, ça va faire beaucoup à réviser», ajoute la lycéenne.
 
Liouba, en seconde également, n’aime pas trop l’histoire non plus mais ne veut pas qu’on dévalorise cette matière, «base de la culture générale» selon elle. «Ce n’est pas du sport quand même!», dit la lycéenne. Selon elle, cette réforme cache des raisons économiques comme des suppressions de postes: «Et si ça continue comme ça, ils finiront par supprimer complètement l’histoire-géo. Qu’on ne s’étonne pas après que les Français soient nuls en culture générale.»  
 
Contrairement à ses camarades, Miguel n’a pas trop d’avis sur la réforme, mais il est surtout gêné que les lycéens n’aient pas été consultés par les grands pontes de l’éducation. «C’est quand même nous qui sommes à l’école, pas eux!». Son lycée étant lui aussi bloqué, il ira manifester ce jeudi après-midi avec les autres lycéens et enseignants mobilisés contre la réforme.

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