L’UDF est morte, vive l’UDF nouvelle. Le parti, fondé en 1978 et officiellement remplacé en 2007 par le
MoDem de François Bayrou, pourrait renaître de ses cendres samedi prochain pour remplacer le
Nouveau Centre. Dans une mouture réactualisée qui récupérerait le prestige des riches heures du parti giscardien.
Prêt à tout pour récupérer le précieux sigle, le patron du Nouveau Centre, Hervé Morin, s’est vu largement faciliter l’opération par le député Hervé de Charrette. L’ancien ministre
a quitté hier l'UMP pour rejoindre le parti centriste. Or il est propriétaire de l’appellation UDF.
Un changement d’étiquette compliqué
Indispensable pour rebaptiser le parti de la majorité présidentielle, l’arrivée de de Charrette -fondateur, avec d’autres, de l’UDF-, permet également de légitimer ce changement d’étiquette, qui devrait être présenté samedi devant le conseil national du Nouveau Centre.
Car Hervé Morin se défend de vouloir effectuer ce changement seulement pour récupérer quelques bijoux de la famille giscardienne, dont le siège de l’ancienne UDF, sise
rue de l’Université à Paris et hébergeant depuis 2007 le Modem.
Et pour cause. Le Nouveau centre a été fondé par des politiques qui avaient fui l’UDF, en désaccord avec le choix de François Bayrou de fonder une force indépendante de la droite et de la gauche, le MoDem. Peu de chances donc qu’ils puissent récupérer ce qu’ils ont abandonné en pleine tempête.
«L’UDF est toujours présidée par François Bayrou»
D’autant que le Modem n’a pas encore donné sa bénédiction. Loin de là. Marielle de Sarnez, vice-présidente du Mouvement démocrate, a averti hier que le MoDem
«ne se laissera pas faire». «Cette UDF continue d’exister et elle est d’ailleurs toujours présidée par François Bayrou».
En effet, l’UDF est membre fondateur du Mouvement démocrate. Et son existence juridique subsiste pour une période transitoire de trois ans. Donc normalement, jusqu’en novembre 2010.
Le Modem n’exclut pas un recours devant les tribunaux pour défendre «son» UDF. Mais la bataille risque surtout d’être politique entre le Nouveau centre et le Modem, le premier restant dans la majorité présidentielle mais cherchant à se démarquer de l’UMP, et le second qui
regarde à gauche mais a dégringolé aux dernières élections.