Pôle emploi: Pourquoi ça va pas?

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Publié le 9 décembre 2009.

TEMOIGNAGES – Après France Télécom, c'est au tour du malaise des agents de l'organisme pour l'emploi de raconter leur souffrance...

Plusieurs employés du Pôle emploi ont tenté de se suicider ces dernières semaines. La fusion ANPE-ASSEDIC à laquelle s’est ajoutée la crise économique ont considérablement dégradé les conditions de travail des agents de l’organisme. Plusieurs d’entre eux expliquent à 20minutes.fr les raisons de leur mal-être actuel.
 
Une charge de travail démesurée
«En raison de la crise, nous sommes submergés de travail, on prend du retard et cela pèse énormément sur la qualité de notre service», indique Sylvie Szeserowicz, conseillère dans un Pôle emploi de Champagne-Ardenne. Sans oublier des logiciels non finalisés depuis la fusion ANPE-ASSEDIC fin 2008 qui compliquent encore la tâche des agents.
 
«Notre situation est assez similaire à celle de France Télécom. La direction adopte les méthodes du privé, il faut qu’on soit rentable.», ajoute Jean-Charles Steyger, conseiller à Nantes. «Mais comment faire avec des portefeuilles de plusieurs centaines de demandeurs d’emploi à gérer par agent quand la base doit être de soixante?»
 
Un manque de moyens humains  
«C’est la crise, notre région (Champagne-Ardenne) est sinistrée, il y a de plus en plus de demandeurs d’emplois et trop peu de recrutements au sein même de Pôle Emploi», poursuit Sylvie Szeserowicz. Selon elle, il y aurait beaucoup d’emplois précaires, de CDD non renouvelés.
 
«Autour de moi, les collègues pleurent, craquent et multiplient les arrêts maladie», témoigne Jean-Charles Steyger. «Dans le grand Ouest, des mouvements de grève sont demandés, les dirigeants ne comprendront que comme ça.»
 
«France Télécom a été une alerte pour nos dirigeants qui ne peuvent pas fermer les yeux sur les tentatives de suicide qui ont eu lieu à Pôle emploi», ajoute Colette Pronost, conseillère à Rennes.
 
Des locaux inappropriés
Les ex-ANPE et ex-ASSEDIC ont été transformé en sites mixtes, accueillant en un seul et même lieu les deux organismes. Le flux est multiplié par deux, d’où un sérieux problème de place. «Les locaux sont trop petits. Des boxes d’entretien ont été ajoutés mais il y a une sensation de trop plein», se désole Sylvie Szeserowicz.
 
«Dans l’Ouest, on est à un bureau pour trois personnes quand on n’est pas obligé de changer d’agence plusieurs fois par jour. La direction cherche à caser tout le monde alors que cela fait des mois que des travaux d’agrandissement doivent être entrepris», indique Jean-Charles Steyger.
 
Plus de tension avec les demandeurs d’emploi
«La population est à cran», affirme le conseiller nantais. «Il y a de plus en plus d’agressivité et d’incompréhension et c’est l’agent qui prend tout», constate Sylvie Szeserowicz. «Le malaise existe depuis longtemps, on subit des agressions quotidiennement, on signale les risques tous les mois, mais la direction ne sait pas quoi faire.»
 
Selon les deux conseillers, les agents n’ont pas les compétences pour répondre à toutes les questions des demandeurs d’emploi. «Les employés de l’ANPE et des ASSEDIC viennent de deux cultures, deux métiers différents et n’ont eu aucune formation pour travailler ensemble au moment de la fusion», explique Colette Pronost. «Celle-ci n’a fait que dégrader les services qu’il fallait pourtant personnaliser», estime Jean-Charles Steyger.

>> «Un suicide, c’est un appel au secours.» Pour lire l’analyse d’un psychothérapeute, cliquez ici
Corentin Chauvel
Mots-clés
Emploi

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