SANTE - Ils sont les plus touchés par le virus...
L’épidémie de grippe se stabilise. Avec 34 nouveaux décès la semaine dernière, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot estime qu’on s’approche du «premier pic de la première vague» de contamination. Mais, on relève partout en France des cas alarmants. Lundi à Toulouse, un jeune homme de 24 ans, sans antécédent, est
mort en quelques jours d’une pneumopathie foudroyante liée à la grippe A.
Un nouveau cas imprévisible ? Non. Depuis le départ, on sait que la grippe A est différente de la grippe saisonnière. Si elle n’est pas plus meurtrière,
elle touche surtout les jeunes. Cette
raison a même été mise en avant par la ministre pour que les collégiens et lycéens se fassent vacciner. Tour d’horizon.
Pourquoi des personnes jeunes meurent de la grippe A?
Difficile à dire. «On pense que c’est lié au système immunitaire des jeunes, différent de celui du reste de la population, qui produit une réponse trop violente à la grippe. Mais nous n’en sommes pas encore sûrs», a expliqué à 20minutes.fr le professeur Bruno Housset, praticien au centre hospitalier de Créteil et président de la Fédération Française de Pneumologie.
Quelles sont les pathologies liées à la grippe A?
Ce sont des pneumonies virales. «Elles touchent la trachée et les bronches mais aussi le poumon profond. Les alvéoles sont considérablement endommagées et il y a un risque grave de surinfection», détaille le professeur Bruno Housset. Mais, selon lui et
contrairement à certaines craintes, la
mutation du virus ne devrait pas multiplier le risque d’attraper une pneumonie.
Comment une grippe peut-elle être foudroyante?
En affectant les défenses immunitaires. «Pour les formes foudroyantes, on pense que c’est lié aux caractéristiques génétiques de la défense immunitaire de chacun. C’est très rare mais très impressionnant: le matin on va bien et le soir, on est mort», explique Bruno Housset.
Les personnes à risque ne sont pas plus menacées?
Pas seulement. «Certains malades sont des personnes asthmatiques, qui ont des maladies respiratoires chroniques, qui sont obèses ou
autres mais d’autres n’avaient pas de pathologie à la base. En tout cas, ces infections sont évitables. Même si elles sont peu fréquentes, notamment les formes foudroyantes, il faut se faire vacciner.»
Quand les jeunes vont-ils se faire vacciner?
Pas tout de suite. Selon un
calendrier de vaccination établi par le ministère de la Santé, les populations à risque (professionnels de santé, enfants, parents) ont été vaccinées en premier. Depuis la semaine dernière, après les lycéens et les collégiens, six millions de bons pour les
enfants de maternelle et du primaire ont été envoyés. Fin décembre, ce sera seulement le tour au plus de 18 ans sans facteur de risque.
Maud Noyon