GREVE - Le secrétaire d'Etat aux Transports tente toujours d'éviter une grève des routiers à partir de dimanche soir. Ses propositions semblent satisfaire les syndicats...
«Il peut y avoir un accord» d'ici à la fin de la semaine, «c'est la tâche que je m'assigne», a affirmé Dominique Bussereau à l'issue de son
entretien avec les syndicats des salariés du transport routier de marchandises. Ces derniers, mécontents des propositions patronales sur les salaires, ont
appelé à une grève à partir de dimanche prochain à 21h30.
Trois membres d'un cabinet spécialisé ont été chargés de rapprocher les points de vue entre le patronat et les syndicats que Dominique Bussereau juge «éloignés aujourd'hui mais rapprochables». Les médiateurs ont commencé dès lundi soir à discuter avec les représentants de l'intersyndicale (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC), dans la salle même où venait de s'achever l'entretien des syndicalistes avec le secrétaire d'Etat aux Transports.
Les syndicats satisfaits
Maxime Dumont, secrétaire général de la CFDT transports et porte-parole de l’intersyndicale, a indiqué à 20minutes.fr sa «satisfaction» après cette rencontre, tout comme des discussions avec Dominique Bussereau: «Ce rendez-vous a été très fructueux, le ministre nous a dit plusieurs fois qu’il était tout à fait en accord avec nos revendications». Le syndicaliste indique également que Dominique Bussereau a semblé «agacé» par le patronat routier, incapable de gérer la menace de grève, et pense que le secrétaire d’Etat «va continuer a être ferme», mardi, lors de sa journée de rencontre avec le patronat routier.
Dominique Bussereau espère ensuite réunir patronat et syndicats au ministère des Transports mercredi pour discuter «à partir des premières conclusions du médiateur». Cette commission paritaire aura lieu en présence d’un représentant du ministère, qui aura la charge d’huissier, pour consigner tout ce qui sera dit. Selon le secrétaire d’Etat, les discussions porteront les problèmes salariaux et devraient aboutir à «un accord de bonne volonté réciproque» d'ici à la fin de la semaine, permettant d'éviter la grève. Une deuxième série de discussions se tiendrait à la rentrée de janvier et porterait sur les problèmes de fond de la profession.
Le repas du réveillon toujours en question
Les syndicats, qui dénoncent une paupérisation des routiers, mettent en avant une série de revendications salariales: passage à un salaire de 10 euros brut de l'heure pour les coefficients les plus élevés, 4% d'augmentation pour les cadres, 4% pour l'augmentation des frais de déplacement, un treizième mois pour tous, une grille d'ancienneté identique pour tous. Ils demandent aussi une mutuelle de branche.
Cependant, pour le repas du réveillon,
rien n’est assuré. Les routiers menacent de bloquer les entrepôts, et donc les approvisionnements alimentaires juste avant les fêtes de fin d'année. Le secrétaire d'Etat s’est engagé à mettre tout en place pour qu’il n’y ait pas de grève, cependant Maxime Dumont précise que cela n’empêchera pas les routiers de mener des blocages «si cela s’avère nécessaire»: «Ce patronat est assez jusqu’au-boutiste, je ne sais pas ce qu’il va faire. Cependant, le bon sens doit l’emporter, et même eux peuvent en faire preuve.»
B.D.