INTERVIEW - Le secrétaire général de l'asso des professeurs d'histoire-géo réagit à la réforme du lycée, qui envisage de rendre optionnelle l'histoire-géographie en terminale scientifique.
Plus de 8.000 personnes ont signé votre «appel à la résistance». Cela vous rassure?
Oui. Et pas n'importe qui. Il y a de grands historiens et des hommes politiques de gauche comme de droite.
Quelles seraient les conséquences de la disparition de l'histoire-géo?
Ce serait désarmant. Tous les jeunes doivent pouvoir puiser dans le passé pour comprendre le présent. Pour évoluer aujourd'hui, il faut savoir appréhender le monde.
Même quand on se destine à une carrière scientifique?
Quel que soit le parcours. Aux concours des écoles de commerce, il y a par exemple une épreuve d'histoire-géo économique. En médecine aussi, il faut savoir comprendre la géographie des épidémies...
Dimanche, le ministre a répondu que le programme serait vu en première...
C'est un tour de passe-passe. Au lieu de deux heures trente de cours en première, la réforme prévoit quatre heures. Mais c'est déjà ce que les élèves avaient en 1990. Ce n'est qu'un juste retour des choses.
Que ferez-vous si la réforme passe jeudi prochain?
Nous continuerons à nous y opposer. Les réformes, elles peuvent changer avec un nouveau ministre. Ou avec un nouveau président de la République.
Recueilli par Vincent Vantighem