Régionales: Georges Frêche embarrasse le PS

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Publié le 4 décembre 2009.

POLITIQUE - Les militants de Languedoc-Roussilon ont une nouvelle fois apporté, jeudi, leur soutien à leur président, Georges Frêche. Un vote qui embarrasse encore un peu plus Solférino...

Les militants des cinq fédérations du Languedoc-Roussillon ont largement voté jeudi pour la liste conduite par Georges Frêche, oscillant entre 87 et 91 % des suffrages. Une épine dans le pied des instances nationales socialistes, puisque le président sortant, 71 ans, a été exclu du parti en 2007, après avoir qualifié des harkis proches de l’UMP de «sous-hommes» et critiqué la composition très «black» de l'équipe de France de football.
 
Ce score montre que Georges Frêche reste très populaire dans la région, à l’instar du soutien qu’il a reçu en octobre par les cinq fédérations socialistes de la région (Aude, Pyrénées-Orientales, Gard, Hérault et Lozère) pour la désignation du premier des socialistes de la région. Le 1er octobre dernier, les militants avaient plébiscité à 70% l'ancien rugbyman Didier Codorniou, homme de paille de Georges Frêche, qui avait claironné pendant toute la campagne qu’il laisserait sa place à Georges Frêche, une fois désigné en interne.
 
«Un non événement»

 
Cependant, pour Paul Alliès, secrétaire national adjoint à la Rénovation, «ce plébiscite est un non événement». Il rappelle que, déjà au mois d’octobre, «les deux tiers des militants avaient voté pour la candidature de Georges Frêche», et que le vote de jeudi a été seulement amplifié «car ses opposants ne sont pas venus voter». Même constat de la part de Jean-Louis Roumégas, tête de liste d’Europe Écologie dans la région pour l’élection de mars prochain: «Ce vote ne signifie rien. Tout d’abord parce que les militants n’ont pas eu le choix - il n’y avait qu’une seule liste à adouber - ensuite parce que les opposants à Georges Frêche ne se sont même pas déplacés.»
 
Et l’écologiste de souligner que les soutiens de l’ancien maire de Montpellier dans la région se raréfient: «Les frêchistes tiennent l’appareil, mais pas les électeurs.» Il affirme qu’en six ans, Georges Frêche «s’est mis tout le monde à dos: les écologistes, la gauche et même ses anciens adjoints». Jean-Louis Roumégas y voit une raison: «C’est quelqu’un qui a trahi toutes ses valeurs, qui est en fin de règne après quarante ans de clientélisme et de despotisme. C’est un populiste qui veut cumuler tous les pouvoirs. Il n’a pas été exclu pour rien du PS.» Il dénonce une «situation inacceptable sur le plan démocratique et sur les valeurs».
 
Partant de cette réflexion, les écologistes refusent catégoriquement toute alliance au second tour avec le PS si Georges Frêche est tête de liste. «Partout en France, Europe Ecologie s’alliera avec la gauche, sauf en Languedoc-Roussillon si cela signifie que Georges Frêche sera réélu à la présidence de la région», rappelle Jean-Louis Roumégas.

De son côté, Georges Frêche a rappelé vendredi: «On m'a taillé à Paris une image de dictateur, mais je suis dictateur de rien du tout. J'aime les socialistes, j'aime les militants qui sont avec moi.»
 
Respecter le vote des militants ou conserver la région à gauche?
 
La question reste donc entière malgré ce vote. La direction nationale du parti va devoir réagir, selon Paul Alliès: «Georges Frêche n’est pas la solution pour gagner contre la droite.» La décision sera prise lors de la convention nationale, qui ratifiera définitivement les listes, le 12 décembre prochain à Tours. Le PS devra alors régler le dilemme qui le taraude depuis le mois d’octobre: Faut-il respecter le vote des militants locaux, et risquer de voir passer la région à l’UMP faute d’alliance avec Europe-Ecologie ou le PCF? Ou faut-il garder ses alliances et ne pas soutenir Georges Frêche quitte à se mettre à dos ses militants locaux?
 
Le porte-parole du PS Benoît Hamon a indiqué vendredi que le PS «tiendra compte» du vote des militants en Languedoc-Roussillon pour les régionales, car «l'objectif principal, c'est de garder la région à gauche». Avant de préciser: «Nous allons discuter avec nos partenaires (de gauche) pour permettre un rassemblement.» Arnaud Montebourg, secrétaire national du PS à la rénovation, a pour sa part jugé «indéfendable et inacceptable que le Parti socialiste soutienne d'une manière directe ou indirecte la candidature de Georges Frêche».La bataille des régionales ne fait que commencer.
Bérénice Dubuc
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